Trenitalia perd 141 millions à l’international alors que la SNCF affiche un semestre record : pourquoi cet écart ?

La SNCF affiche des résultats records tandis que Trenitalia accumule les pertes.

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Trenitalia perd 141 millions à l'international alors que la SNCF affiche un semestre record : pourquoi cet écart ? - Crédit : Shutterstock | Econostrum.info

Le contraste est marqué entre la SNCF et son concurrent italien Trenitalia. Alors que le groupe ferroviaire français affiche un semestre record avec 1,2 milliard d’euros de bénéfice net au premier semestre 2026, Ferrovie dello Stato Italiane, maison mère de Trenitalia, enregistre une perte nette de 200 millions d’euros sur la même période. Une situation qui s’explique notamment par les difficultés rencontrées dans ses activités internationales, dont la France.

Selon les résultats financiers publiés par le groupe italien et rapportés par BFM Business, son chiffre d’affaires progresse pourtant de 8 % sur un an pour atteindre 8,9 milliards d’euros au premier semestre. Cette hausse provient principalement des activités liées aux infrastructures ferroviaires, notamment les revenus issus des péages payés par les opérateurs ferroviaires, ainsi que d’autres sources de revenus en progression.

Mais l’activité de transport de voyageurs reste sous pression. Le chiffre d’affaires lié au transport recule de 25 millions d’euros et le résultat de cette branche chute à 34 millions d’euros, soit une baisse de 65 %. Dans la grande vitesse italienne, le nombre de passagers diminue de 0,6 % pour atteindre 8,02 millions de voyageurs, dans un contexte marqué par une concurrence accrue.

Trenitalia pénalisée par ses activités internationales, notamment en France

La principale difficulté du groupe italien se situe hors de ses frontières. Trenitalia est aujourd’hui présente dans plusieurs pays européens, notamment en Allemagne, en Grèce, en Espagne et en France. Sur l’ensemble de ces marchés internationaux, l’activité affiche une perte nette de 141 millions d’euros, en hausse de 35,6 %.

Le nombre de passagers transportés à l’international recule de 12 % pour atteindre 5 millions de voyageurs. Dans la grande vitesse, la baisse atteint 11 %, avec 2,1 millions de passagers. Le groupe explique notamment cette évolution par plusieurs facteurs, dont les conséquences du grave accident ferroviaire survenu en Espagne en janvier, qui a perturbé certaines circulations.

La France représente un enjeu important pour Trenitalia. Depuis son arrivée sur le marché français de la grande vitesse en 2021, la compagnie italienne développe progressivement son offre face à la SNCF, avec notamment les liaisons Paris-Lyon et Paris-Marseille. Toutefois, les coûts élevés d’exploitation pèsent sur sa rentabilité.

Entre 2022 et 2025, l’activité française aurait accumulé 152 millions d’euros de pertes. La compagnie explique notamment cette situation par le poids des péages ferroviaires. « L’augmentation de l’offre (avec le renforcement de la ligne Paris-Lyon et le lancement de Paris-Marseille, NDLR) ne s’est pas traduite par une hausse correspondante des volumes de trafic », reconnaît le groupe dans son rapport financier.

La filiale française devrait encore rester déficitaire en 2026. « Mais c’est une trajectoire prévue qui s’appuie sur le fait que 50% de nos coûts viennent des péages. Notre trajectoire est en ligne avec notre plan », soulignait en décembre dernier Marco Caposcuitti, patron de Trenitalia France.

Des investissements massifs pour préparer l’avenir ferroviaire

Malgré ses pertes actuelles, Ferrovie dello Stato Italiane poursuit une politique d’investissement beaucoup plus importante que celle de la SNCF. Le groupe italien prévoit 10,2 milliards d’euros d’investissements, soit une hausse de 21 %, contre 4,9 milliards d’euros pour le groupe ferroviaire français.

Ces investissements concernent notamment les infrastructures et le renouvellement du matériel roulant. La dette nette du groupe italien progresse toutefois de 2,8 milliards d’euros depuis la fin de l’année 2025 pour atteindre 15,6 milliards d’euros. À titre de comparaison, la dette nette de la SNCF s’établit à 23,6 milliards d’euros, en baisse de 700 millions d’euros.

Du côté français, la dynamique est actuellement plus favorable. Le nombre de voyageurs dans les trains à grande vitesse atteint 83,4 millions au premier semestre, en hausse de 3,3 %. La SNCF bénéficie notamment du regain d’intérêt pour le train, porté par les déplacements touristiques et professionnels.

Trenitalia mise cependant sur une stratégie de long terme. « Nous avons un plan clair pour développer notre activité en misant sur le trafic d’affaires » indique Luigi Corradi, patron de FS International.

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