Le trafic aérien à Paris devrait progresser beaucoup moins rapidement que prévu cette année. Groupe ADP, qui exploite notamment les aéroports de Paris-Charles de Gaulle et Paris-Orly, a revu ses prévisions de croissance pour 2026 après un premier semestre moins dynamique qu’attendu. Le gestionnaire table désormais sur une hausse limitée à 0,5 % du trafic parisien, contre une estimation initiale comprise entre 1,5 % et 2,5 %.
Cette révision s’explique principalement par les perturbations liées au conflit au Moyen-Orient, l’augmentation des prix des carburants et plusieurs contraintes opérationnelles rencontrées sur certaines plateformes du groupe.
Quelques mois plus tôt, Groupe ADP anticipait encore une progression plus soutenue. Mais les résultats enregistrés depuis le début de l’année ont conduit l’entreprise à ajuster ses perspectives pour tenir compte d’une reprise moins forte qu’espéré.
Le conflit au Moyen-Orient pèse sur les programmes de vols
Dans son communiqué, Groupe ADP explique qu’ « au premier semestre 2026, le trafic du groupe a été affecté par des réductions des programmes de vols liées au conflit au Moyen-Orient, à la hausse des prix des carburants, ainsi qu’à diverses contraintes opérationnelles sur certaines plateformes du groupe ».
Les tensions internationales ont notamment perturbé certaines liaisons aériennes, en particulier vers des destinations internationales. Les compagnies ont dû adapter leurs programmes de vols dans un contexte marqué par des coûts d’exploitation toujours élevés.
En mai, le groupe se montrait pourtant plus confiant. Son PDG Philippe Pascal indiquait alors ne pas percevoir « pas d’impact majeur sur les réservations des billets et le volume du trafic ». La dynamique observée au premier semestre s’est finalement révélée moins favorable.
Entre janvier et juin 2026, Paris Aéroport, qui regroupe les deux grandes plateformes parisiennes, a accueilli 51,6 millions de passagers, soit une progression limitée à 0,5 % sur un an.
Les évolutions sont toutefois différentes selon les aéroports. Paris-Orly a enregistré une hausse de 2 % sur les six premiers mois de l’année, avec 17,1 millions de voyageurs. À l’inverse, Paris-Charles de Gaulle a connu un léger recul de 0,2 %, avec 34,5 millions de passagers, notamment en raison d’un contexte moins favorable sur les liaisons long-courriers.
Au mois de juin seulement, la tendance était même négative pour les plateformes parisiennes : Paris Aéroport a enregistré 9,4 millions de passagers, soit une baisse de 3,2 % par rapport à juin 2025.
Des conséquences attendues sur les objectifs financiers de Groupe ADP
La baisse des perspectives de trafic pourrait avoir un impact sur les prévisions financières du groupe. Groupe ADP précise que les conséquences seront évaluées lors de la publication de ses résultats semestriels, prévue le 29 juillet 2026.
L’entreprise compte également sur les mesures d’économies mises en place depuis mars 2026 pour limiter les effets du ralentissement. Leurs bénéfices devraient surtout apparaître au second semestre.
À l’échelle mondiale, Groupe ADP a enregistré une progression très modérée de son activité. Le trafic total des aéroports gérés par le groupe a atteint 179,2 millions de passagers au premier semestre 2026, soit une hausse de seulement 0,2 %.
Pour les voyageurs, cette situation ne signifie pas automatiquement une baisse des prix des billets d’avion. Les compagnies aériennes restent confrontées à des charges importantes, notamment liées au carburant, et cherchent à préserver leurs marges.
En 2025, les deux principaux aéroports parisiens avaient accueilli 72 millions de passagers à Roissy-Charles de Gaulle et 34,9 millions à Paris-Orly. Malgré le ralentissement attendu en 2026, les plateformes parisiennes restent donc à des niveaux de fréquentation élevés.
La nouvelle prévision de 0,5 % de croissance marque toutefois un net changement de rythme pour le secteur aérien parisien, après plusieurs années de reprise progressive depuis la crise sanitaire








