Après une année de gel, les retraites de l’Agirc-Arrco devraient augmenter ce mois de novembre. Mais les 14 millions de seniors concernés ne doivent pas s’attendre à une hausse de 2 %, car le taux ne pourra finalement pas dépasser 1,9 %. Les syndicats et le patronat se retrouveront le 14 octobre pour fixer le montant définitif, situé entre 1,2 % et 1,9 %.
Ce plafond s’explique par les règles de pilotage du régime. L’accord signé en 2023 prévoit que la valeur de service du point évolue chaque année, entre 2024 et 2026, en fonction de l’inflation hors tabac prévue pour l’année, diminuée de 0,4 point. Le conseil d’administration peut ensuite ajuster cette évolution dans une limite de 0,4 point. Surtout, la pension ne peut pas être revalorisée davantage que les salaires.
Pourquoi la hausse est-elle plafonnée à 1,9 % ?
Les dernières données sur les salaires ont une importance directe sur la revalorisation des pensions complémentaires. Au deuxième trimestre de l’année courante, les salaires horaires dans les secteurs marchands non agricoles ont augmenté de 2,4 % sur un an, après +2,1 % au 1er trimestre. Cette progression constitue l’une des limites à prendre en compte pour déterminer la hausse des pensions Agirc-Arrco.
Parallèlement, l’inflation repart à la hausse. Selon l’estimation provisoire de l’Insee, les prix à la consommation ont augmenté de 3 % sur un an en septembre 2026, après +2,4 % en août. Les prix de l’énergie, essentiellement ceux des produits pétroliers et du gaz, ont participé à cette accélération.
Cependant, le régime ne devrait pas suivre intégralement cette hausse des prix. Le taux de 1,9 % constitue un maximum et non pas une hausse acquise. Les partenaires sociaux peuvent retenir une augmentation plus faible, jusqu’à 1,2 %, en fonction de leur décision et des règles financières du régime.
Pour les retraités, une pension complémentaire de 500 euros par mois augmenterait de 9,50 euros brut avec une hausse de 1,9 %. Avec une revalorisation limitée à 1,2 %, le gain serait de 6 euros brut par mois. Sur un an, cela représente respectivement 114 euros ou 72 euros brut supplémentaires.
Un an après le gel, les syndicats attendent un geste
La discussion intervient dans un contexte particulier. En 2025, les organisations syndicales et patronales ne s’étaient pas accordées sur une revalorisation. Les pensions complémentaires n’avaient donc pas augmenté au 1er novembre 2025. La valeur de service du point est actuellement fixée à 1,4386 euro. Elle avait progressé de 1,6 % en novembre 2024, après une hausse beaucoup plus importante de 4,9 % en novembre 2023.
Ainsi, les syndicats devraient logiquement défendre le taux le plus élevé, afin de compenser, au moins en partie, cette année sans hausse, même si l’Agirc-Arrco souligne que le gel de 2025 ne pourra pas faire l’objet d’un rattrapage automatique. En effet, le taux décidé pour cette année sera celui qui s’appliquera aux pensions à partir de novembre, sans ajouter mécaniquement les 1,6 % qui n’ont pas été accordés l’an dernier.
De son côté, le patronat doit également tenir compte de la situation financière du régime. L’accord de 2023 prévoit une gestion destinée à maintenir des réserves suffisantes pour assurer le versement des pensions dans la durée. Les projections associées à l’accord retiennent notamment un niveau de réserves supérieur ou égal à six mois d’allocations.







