Pendant des années, un homme a fait croire qu’il souffrait de graves problèmes de santé pour toucher les prestations sociales. Pour appuyer ses déclarations, il se présentait avec une canne blanche et une ceinture lombaire, accompagné de son épouse.
L’affaire se déroule en Suisse. Début octobre 2026, le tribunal de district d’Uznach, dans le canton de Saint-Gall, a condamné l’homme et son ex-femme pour escroquerie. Le couple a perçu des prestations sociales auxquelles il n’avait pas droit pendant plusieurs années, selon les informations du quotidien suisse Südostschweiz, rapportées par Cnews.
Tout commence en 2005. L’homme a fait état de nombreux problèmes de santé, principalement des troubles importants de la vue, de vertiges, d’incontinence urinaire, de crises de panique et de douleurs chroniques. Il s’est présenté comme une personne très dépendante, incapable de se déplacer seule dans de nombreuses situations. Il utilisait même une canne et une ceinture de soutien lombaire.
617 000 euros de prestations sociales liées au handicap
Son épouse a appuyé ses déclarations. Lors des rendez-vous auprès de l’Office des assurances sociales de Saint-Gall, elle avait affirmé que son mari pouvait à peine sortir seul de son lit. Grâce à ces déclarations, il perçu une rente complète de l’assurance-invalidité suisse, ainsi que d’autres prestations sociales liées à son handicap. Le montant total des sommes indûment reçues a atteint 571 000 francs suisses, soit environ 617 000 euros.
C’est un signalement transmis aux autorités en août 2013 qui fait basculer le dossier. Les enquêteurs mettent en place une surveillance entre novembre 2013 et mars 2014. Leurs observations ont permis de contredire plusieurs des déclarations du bénéficiaire. L’homme a été filmé en train de conduire régulièrement sa voiture, de jardiner et de sortir ses poubelles. Il s’est avéré qu’il est également capable de piloter un bateau.
Plus de 100 000 euros pour le faux aveugle et son ex-conjoint
Malgré les premiers éléments recueillis en 2013 et 2014, la procédure judiciaire s’est étirée sur plusieurs années. Les deux anciens époux ont finalement comparu devant le tribunal de district d’Uznach le 6 octobre 2026 et reconnus coupables d’escroquerie. La prescription a, néanmoins, limité la période retenue par la justice. Les faits antérieurs à août 2012 n’ont pas été pris en compte dans la condamnation, qui porte sur la période allant d’août 2012 à janvier 2017.
Les deux prévenus ont écopé de peines de prison avec sursis. Chacun doit également verser 95 000 francs suisses à l’État, soit un peu plus de 100 000 euros. À cette somme s’ajoutent les frais de procédure : plus de 81 000 francs, soit environ 87 000 euros, pour l’homme, et plus de 36 000 francs, environ 39 000 euros, pour son ex-femme.
Le tribunal a aussi empêché le transfert de leur maison familiale à leurs enfants. Une mesure qui vise à éviter que le patrimoine puisse leur être transmis malgré les conséquences financières de l’affaire. Au total, les sanctions financières dépassent largement les 200 000 euros pour chacun des anciens époux, si l’on additionne les sommes dues à l’État et les frais de procédure. Cette condamnation met fin à une affaire qui aura duré plus d’une décennie entre le premier signalement et le jugement.








