Agirc-Arrco : vers la baisse du montant de la pension de réversion en cas de mariage de moins de 10 ans ?

Une réforme à l’étude pourrait faire baisser la pension de réversion selon la durée du mariage.

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Pension de réversion
« C'est injuste » : la pension de réversion pourrait baisser si votre mariage a duré moins de 10 ans - Crédit : Adobe Stock | Econostrum.info

La question de la pension de réversion du régime Agirc-Arrco fait l’objet de nouvelles discussions autour d’une possible réforme qui inquiète de nombreux futurs retraités. L’idée étudiée consisterait à modifier le mode de calcul en tenant compte de la durée du mariage, ce qui pourrait réduire fortement certaines pensions.

Aujourd’hui, la règle est simple : le conjoint survivant perçoit 60 % des droits du défunt, sans condition de ressources et sans lien avec la durée de l’union. Mais selon plusieurs scénarios évoqués dans les travaux du Conseil d’orientation des retraites, ce système pourrait évoluer vers une logique de proratisation, comme le rapporte le média Pleine Vie

Dans ce cadre, la pension serait ajustée selon deux critères : la durée du mariage et la durée de la carrière du défunt. Cette hypothèse, encore au stade de réflexion, est parfois qualifiée de « double proratisation ».

Les simulations avancées montrent des écarts importants. Par exemple, pour un assuré disposant de 10 000 points Agirc-Arrco, la pension actuelle représenterait environ 8 631,60 euros par an, soit 719,30 euros par mois. Mais avec un mariage court, par exemple 5 ans sur une carrière de 40 ans, la réversion pourrait chuter autour de 15 % des droits, soit environ 90 euros mensuels dans certaines hypothèses.

Des écarts importants selon les situations familiales et la durée des unions

Dans le système envisagé, la durée du mariage deviendrait un facteur déterminant. Plus l’union est courte, plus la part de réversion serait réduite. À l’inverse, les couples mariés depuis longtemps seraient moins impactés.

Ce changement toucherait particulièrement certains profils. Les secondes unions, les mariages tardifs ou les couples en fin de vie seraient les plus exposés à une baisse du montant perçu. Les conjoints ayant eu des carrières incomplètes ou peu cotisées pourraient également être désavantagés.

Selon les données de la DREES, près de 88 % des bénéficiaires de pensions de réversion sont des femmes, ce qui souligne l’enjeu social d’une éventuelle réforme sur les revenus des veuves.

Autre élément important : la réforme évoquée ne serait pas automatique. Elle dépendrait d’un accord entre partenaires sociaux au sein de la gouvernance de l’Agirc-Arrco. À ce stade, aucune modification officielle n’a été adoptée, et les discussions restent ouvertes.

La pension pourrait être divisée par plusieurs fois selon la durée de l’union

La valeur du point Agirc-Arrco, fixée à environ 1,4386 euro, est par ailleurs gelée jusqu’à fin 2026 selon les règles actuelles, ce qui limite déjà la revalorisation des pensions complémentaires.

Dans les scénarios étudiés, la pension pourrait être divisée par plusieurs fois selon la durée de l’union. Par exemple, une réversion théorique de 8 631,60 euros par an pourrait tomber à environ 2 157,90 euros dans certains cas de proratisation, soit une perte de plus de 540 euros par mois.

Ces projections restent toutefois des hypothèses de travail et non des règles applicables. Elles servent surtout à anticiper les effets possibles d’une réforme du système de réversion, dans un contexte de réflexion plus large sur l’équilibre financier des retraites complémentaires.

En attendant, les règles actuelles restent inchangées : la réversion Agirc-Arrco est versée uniquement en cas de mariage, à partir de 55 ans, et le montant dépend uniquement des droits du conjoint décédé, sans tenir compte de la durée de l’union.

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