Le gouvernement souhaite réduire le prix du paracétamol à partir de 2027 afin de limiter les dépenses de santé. Les laboratoires pharmaceutiques contestent cette décision, estimant qu’elle pourrait fragiliser le projet de relocalisation de la production en France.
Les pouvoirs publics envisagent une diminution de 13 % du prix fabricant hors taxes du paracétamol. Cette baisse concerne le montant directement perçu par les laboratoires pour chaque boîte vendue. Pour une boîte de huit comprimés de 1 gramme, dont le prix en pharmacie atteint actuellement 2,18 euros, la rémunération des fabricants passerait de 0,76 euro à 0,66 euro, soit une diminution de 10 centimes.
Cette décision vise à réduire les dépenses liées aux médicaments et à réaliser des économies pour l’Assurance-maladie. Avec plus de 420 millions de boîtes remboursées en 2025, le paracétamol représente l’un des médicaments les plus consommés en France.

Les industriels dénoncent une contradiction avec la relocalisation
Les laboratoires pharmaceutiques contestent cette baisse de prix. Ils estiment qu’elle intervient au moment même où la France cherche à retrouver une production nationale du principe actif du paracétamol, dont la fabrication avait quitté le territoire en 2008. Selon les industriels, produire en France coûte davantage qu’une fabrication en Asie.
Le principe actif fabriqué dans l’Hexagone serait environ 60 % plus cher qu’en Inde ou en Chine, où il est actuellement largement produit. Même si cette matière première ne représente qu’une partie du coût final d’une boîte de médicament, elle augmente les dépenses liées à la fabrication.
Une usine française doit relancer la production
Comme le souligne le Monde, la relocalisation du paracétamol repose notamment sur un projet porté par le chimiste Seqens à Roussillon, en Isère. Les laboratoires Opella et UPSA ont participé au financement de cette nouvelle unité de production aux côtés des pouvoirs publics. Cette usine doit permettre de produire à nouveau le principe actif en France à partir de 2027.
Le projet avait bénéficié d’un moratoire sur les baisses de prix afin d’accompagner les investissements nécessaires. Ce régime arrive à son terme en décembre, ce qui ouvre la voie à la nouvelle mesure envisagée par le gouvernement.
Les laboratoires demandent une hausse du prix
Face au projet de baisse, les fabricants défendent au contraire une augmentation du prix du paracétamol. Opella et UPSA demandent une revalorisation comprise entre 10 % et 15 %, afin de prendre en compte les coûts liés à une production française. Les industriels estiment qu’un prix adapté est nécessaire pour assurer la viabilité économique de cette relocalisation.
Ils ont déposé des demandes auprès du comité économique des produits de santé, l’organisme chargé de fixer les tarifs des médicaments en France.
Un arbitrage attendu entre économies et souveraineté sanitaire
Le gouvernement doit désormais trouver un équilibre entre la maîtrise des dépenses publiques et la volonté de renforcer la production nationale de médicaments. Une réunion entre les industriels du paracétamol et le ministère de l’Économie doit se tenir mercredi 22 juillet.
Les discussions porteront notamment sur le prix futur du médicament et sur les conditions nécessaires pour accompagner la fabrication française du principe actif.








