Perrier, Vittel, Hépar : Nestlé prépare une vente majeure à un fonds américain

Nestlé prépare un tournant majeur pour son activité dans l’eau, fragilisée par les controverses et un vaste plan de réorganisation.

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Perrier, Vittel, Hépar : Nestlé prépare une vente majeure à un fonds américain. Crédit : AFP | Econostrum.info

Nestlé serait proche de céder 50 % de sa division eaux au fonds américain Platinum Equity, selon le Financial Times. L’opération, qui valoriserait cette activité à près de 5 milliards d’euros, intervient après le scandale des traitements interdits appliqués à certaines eaux minérales françaises.

Le projet porterait sur la création d’une coentreprise réunissant Nestlé et Platinum Equity. Le fonds détiendrait la moitié d’une division qui regroupe notamment Perrier, Vittel, Hépar et San Pellegrino. La multinationale suisse cherchait depuis plusieurs mois un partenaire financier pour cette branche, séparée du reste du groupe dans l’attente d’une opération capitalistique. Plusieurs fonds, parmi lesquels KKR, CD&R et PAI Partners, avaient manifesté leur intérêt.

Nestlé n’a pas commenté les informations publiées par le quotidien britannique. L’accord n’est donc pas confirmé à ce stade.

Une division valorisée près de 5 milliards d’euros

D’après les sources citées par le Financial Times, l’ensemble de la division serait valorisé à environ 5 milliards d’euros. La vente de la moitié du capital apporterait des liquidités à Nestlé tout en laissant le groupe présent dans cette activité. Le montage rappellerait celui utilisé avec PAI Partners pour les glaces Froneri et certaines activités de pizzas surgelées en Europe.

En 2021, Nestlé avait déjà vendu ses activités d’eau en Amérique du Nord, parmi lesquelles Poland Spring et Pure Life, pour 4,3 milliards de dollars au fonds One Rock Capital. L’eau représente désormais environ 3,5 % du chiffre d’affaires du groupe, loin derrière le café, les produits culinaires ou l’alimentation animale.

Le scandale des eaux minérales complique l’opération

Le projet de cession survient dans un contexte délicat pour Nestlé Waters. Depuis 2024, le groupe est mis en cause pour avoir utilisé des procédés de traitement interdits sur des eaux vendues comme naturelles. La multinationale a reconnu le recours à certains systèmes de microfiltration. Ces traitements auraient servi à répondre à des contaminations de captages par des bactéries, des pesticides ou d’autres polluants.

Cette affaire a fragilisé l’image de marques comme Perrier, Vittel, Contrex et Hépar. Elle pose aussi une question réglementaire : une eau minérale naturelle doit répondre à des règles strictes concernant son origine et les traitements qu’elle peut subir.

Perrier reste au centre des inquiétudes

La marque Perrier se trouve dans une situation particulièrement sensible. Certains captages pourraient perdre leur statut d’eau minérale naturelle, ce qui remettrait en cause une partie de son positionnement commercial. En 2024, Nestlé Waters a accepté une amende de 2 millions d’euros et un programme de mise en conformité.

Une commission d’enquête du Sénat a aussi accusé les pouvoirs publics d’avoir tardé à intervenir et d’avoir cherché à préserver l’activité industrielle du groupe. D’autres procédures concernent des pollutions plastiques dans les Vosges. L’ensemble de ces affaires a pesé sur la réputation de la branche française.

Nestlé cherche à réduire ses coûts

Cette possible vente intervient alors que Nestlé mène un vaste programme d’économies. Le directeur général Philipp Navratil a annoncé la suppression de 16.000 postes sur deux ans, soit près de 6 % des effectifs. Le groupe vise désormais 3 milliards de francs suisses d’économies d’ici fin 2027. Son chiffre d’affaires s’est établi à 89,76 milliards de francs suisses en 2025, contre 91,4 milliards en 2024, selon les données fournies.

La cession partielle de la division eaux s’inscrirait ainsi dans un recentrage plus large. Pour Nestlé, l’enjeu consiste à trouver de nouveaux financements tout en conservant une présence dans des marques connues, mais affaiblies par plusieurs années de controverses.

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