Le dispositif MaPrimeRénov’ évolue dans ses priorités, avec un recentrage progressif vers des équipements permettant des réductions rapides de consommation énergétique. Cette orientation intervient dans un contexte de modification des aides publiques à la rénovation des logements en France.
Plusieurs évolutions récentes sont mentionnées par des acteurs du secteur, dont la réouverture partielle de MaPrimeRénov’, la réduction de certaines aides à l’isolation, l’arrêt de certains financements pour l’isolation par l’extérieur et un soutien accru aux pompes à chaleur.
Le développement de dispositifs comme le leasing social et les ajustements du diagnostic de performance énergétique (DPE) font également partie des changements évoqués.
Réorientation de MaPrimeRénov’ vers la performance énergétique
Selon plusieurs professionnels, la politique de rénovation énergétique s’oriente désormais davantage vers la réduction rapide de la consommation plutôt que vers des travaux globaux combinant isolation et chauffage. Pierre-Louis Guhur, directeur d’Argile, décrit cette évolution en déclarant : « On est passé d’une approche très thermique, centrée sur l’isolation et la rénovation globale, à une approche beaucoup plus énergétique ».
Le dispositif MaPrimeRénov’ reposait auparavant sur une logique de rénovation globale des logements, avec un parcours accompagné destiné à combiner isolation et remplacement des systèmes de chauffage. Selon plusieurs acteurs du secteur, cette approche aurait été progressivement réduite depuis 2025.
Le contexte budgétaire est également mentionné comme un facteur d’évolution, les rénovations globales représentant des montants de travaux élevés nécessitant des niveaux d’aide importants.
Développement des pompes à chaleur et ajustements du DPE
Le soutien aux pompes à chaleur s’est renforcé depuis l’automne 2025 via les certificats d’économies d’énergie (CEE). Le gouvernement a fixé un objectif de production d’un million d’unités par an à l’horizon 2030. Un dispositif de leasing social est également en cours d’élaboration pour faciliter leur installation.
Sylvain Le Falher, directeur de la rénovation énergétique chez Hello Watt, indique : « Aujourd’hui, on est dans une dynamique d’électrification des usages ». Il précise également le fonctionnement des équipements : « Une bonne pompe à chaleur utilise une unité d’électricité et restitue en moyenne trois unités de chaleur ».
Dans le même temps, certaines aides liées à l’isolation et au chauffage au bois ont été réduites. Plusieurs acteurs évoquent une orientation des financements vers des technologies identifiées par les pouvoirs publics comme prioritaires dans la réduction de consommation énergétique.
Le diagnostic de performance énergétique (DPE) a également évolué avec une modification du coefficient de conversion de l’électricité, passé de 2,3 à 1,9 début 2026, avec une évolution envisagée à 1,7. Cette modification impacte le classement énergétique de nombreux logements chauffés à l’électricité sans modifier directement leur consommation réelle.









