A causes des ponctions de l’Etat, l’assurance chômage risque de passer dans le rouge en 2027, alerte l’Unédic

L’Unédic alerte sur les conséquences pour ses finances.

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Assurance-chômage : l’Unédic tire la sonnette d’alarme face aux prélèvements de l’État. -Crédit : SIPA | Econostrum.info

L’État entend récupérer une nouvelle partie des recettes de l’assurance chômage pour contribuer au financement de son propre budget. Une décision vivement contestée par l’Unédic, l’organisme qui gère le régime avec les représentants des salariés et des employeurs. 

Début octobre, le gouvernement avait annoncé un prélèvement de 2,1 milliards d’euros sur les ressources prévues pour 2027. Le 21 octobre dans une conférence de presse, l’Unédic a présenté de nouvelles prévisions financières qui confirment ses inquiétudes. Si cette ponction est maintenue, le régime va enregistrer un déficit de 600 millions d’euros l’an prochain.

L’Unédic dénonce une ponction répétée

Les représentants des organisations syndicales et patronales rappellent que l’assurance chômage est financée par les contributions des employeurs et une fraction de la contribution sociale généralisée (CSG) acquittée par les salariés. Ils contestent donc l’utilisation de ces recettes pour réduire le déficit de l’État.

« Il faut rappeler que les ressources de l’assurance chômage viennent des contributions des entreprises et de la CSG acquittée par l’ensemble des salariés. Ces montants doivent servir à sécuriser les parcours professionnels, à amortir les chocs économiques. Et pas à combler le budget de l’État », estime Patricia Ferrand, présidente de l’Unédic et représentante de la CFDT.

Le prélèvement annoncé pour 2027 s’ajoute à ceux déjà réalisés depuis 2023. Selon l’Unédic, leur montant cumulé approche désormais les 14 milliards d’euros. L’organisme estime que, sans ces ponctions successives, sa dette aurait pu atteindre 49,4 milliards d’euros fin 2026. Elle devrait, au contraire, dépasser les 61 milliards d’euros, dont plus de 18 milliards liés à la crise sanitaire.

Jean-Eudes Tesson, vice-président de l’Unédic et représentant du Medef, fustige lui aussi les conséquences de ces décisions sur le financement du régime : « On parle de la dette, mais il faut aussi parler de la charge de la dette. Nous n’en parlions pas quand nos émissions se réalisaient à des taux proches de 0 %. S’il n’y avait pas eu les 12 milliards de prélèvements de l’État depuis 2023, nos excédents nous auraient permis de nous désendetter. Or, aujourd’hui, nous sommes à nouveau obligés d’emprunter mais cette fois à des taux plus proches de 5 % », estime-t-il.

Un déficit possible en 2027 malgré des recettes en hausse

Selon les prévisions financières de l’Unédic, les recettes du régime atteindraient 44,3 milliards d’euros en 2026, contre 45,4 milliards en 2025. Elles pourraient remonter à 49,4 milliards en 2027 et à 50,9 milliards en 2028, à condition qu’aucun nouveau prélèvement ne vienne réduire les ressources disponibles.

Quant aux dépenses, elles devraient passer de 46,6 milliards d’euros en 2026 à 48,1 milliards en 2027, puis à 48,5 milliards en 2028. Le poids des intérêts de la dette et les remboursements liés aux emprunts contractés pendant la crise sanitaire compliquent le retour à l’équilibre.

Le gouvernement défend cette ponction dans le cadre de ses efforts pour boucler le budget de l’État. Le ministère du Travail a contesté l’idée que le prélèvement ferait nécessairement basculer l’Unédic dans le rouge. Mais l’organisme maintient son alerte : les nouvelles prévisions font apparaître un déficit de 600 millions d’euros en 2027 si la ponction est appliquée. Son directeur, Christophe Valentie, estime que « la bataille n’est pas bien engagée mais elle n’est pas perdue ». 

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