L’Europe aura-t-elle assez de gaz cet hiver ? Les réserves au plus bas depuis 2013

Les stocks de gaz européens sont au plus bas depuis plus de dix ans, alors que les prix repartent à la hausse avant l’hiver.

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L’Europe aura-t-elle assez de gaz cet hiver ? Les réserves au plus bas depuis 2013. Crédit : Shutterstock | Econostrum.info

Alors que l’Europe se prépare à entrer dans la période hivernale, les stocks de gaz se trouvent à des niveaux particulièrement bas. Il faut remonter à plus de dix années en arrière pour retrouver une telle situation. D’ailleurs, les prix de référence ont atteint lundi leurs niveaux les plus élevés depuis fin 2022.

Sur le marché néerlandais, référence pour l’Europe, le contrat TTF à échéance proche a progressé de 4,7 % pour atteindre 83,2 euros par mégawattheure (MWh). Le prix a même atteint 84,50 euros/MWh au cours de la séance, un niveau qui n’avait plus été observé depuis le 22 décembre 2022. Au Royaume-Uni, le contrat gazier de référence a également progressé, atteignant 207,3 pence par therm, un sommet depuis le 23 décembre 2022.

Cette hausse intervient alors que les investisseurs surveillent toujours la situation autour du détroit d’Ormuz, un passage maritime stratégique entre le golfe Persique et le golfe d’Oman. Avant les tensions actuelles, environ 20 % des exportations mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL) transitaient par cette zone. Depuis, la circulation est fortement réduite. Seuls quelques navires parviennent encore à franchir le détroit chaque jour, ce qui alimente les inquiétudes sur l’approvisionnement énergétique mondial.

« Le marché est dominé par l’escalade des risques au Moyen-Orient, et dans un contexte de travaux de maintenance intensifs en Europe affectant l’approvisionnement norvégien et les expéditions de gaz naturel liquéfié (GNL), la dynamique haussière des prix devrait se maintenir tout au long de la semaine », a déclaré Dzmitry Dauhalevich, analyste chez LSEG, cité par BFMTV.

Des stocks européens au plus bas depuis une décennie

La situation des réserves européennes renforce les tensions sur les marchés. Les stocks de gaz de l’Union européenne affichent actuellement un niveau de remplissage d’environ 20 %, soit près de 17 milliards de mètres cubes. Pour retrouver un niveau aussi bas dans le vieux continent, il faut remonter jusqu’à 2013, soit 13 années en arrière. Avec l’arrivée de la période de froid, cette situation inquiète car elle diminue de manière significative la marge de sécurité dont dispose l’UE.

Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), l’offre mondiale de GNL pourrait diminuer de plus de 20 milliards de mètres cubes cet hiver si le détroit d’Ormuz reste fermé. Dans le même temps, les possibilités d’augmentation des livraisons par gazoducs restent limitées. La demande européenne pour le GNL pourrait donc être plus forte dans les prochains mois, alors que plusieurs régions du monde cherchent également à sécuriser leurs approvisionnements.

Les prix de l’énergie restent dépendants des tensions internationales

La hausse actuelle résulte de plusieurs facteurs, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ainsi que les opérations de maintenance importantes en Europe en font justement partie. Depuis la réduction des livraisons de gaz russe par gazoduc, l’Europe dépend davantage du marché mondial du GNL pour compléter son approvisionnement. Cette évolution rend les prix plus sensibles aux mouvements internationaux.  Pour les particuliers, les variations des marchés de gros ne se traduisent pas immédiatement par une modification des factures. 

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