La hausse des retraites de base, prévue en janvier 2027, ne serait pas la même pour tout le monde. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) prévoit une revalorisation différenciée selon le montant total des pensions perçues. Mais à ce stade, le texte doit encore être examiné et voté par le Parlement.
L’article 35 du PLFSS 2027 prévoit, à titre exceptionnel pour l’année 2027, de déroger à la règle habituelle de revalorisation des pensions. Cette règle prévoit normalement un coefficient fixé chaque 1er janvier selon l’évolution des prix.
Le projet de loi conserve, cependant, le coefficient prévu par cette formule pour les retraités dont le montant total des pensions atteint 1 260 euros ou moins par mois. Le calcul porte sur l’ensemble des pensions de vieillesse de droit direct et dérivé, avec leurs majorations, accessoires et suppléments, versées par les régimes obligatoires.
Le seuil ne s’arrête pas brutalement à 1 260 euros. Le texte prévoit plusieurs paliers à 1 265, 1 270, 1 275 et 1 281 euros. Des coefficients différents pourront être appliqués à ces niveaux afin d’atténuer l’effet du passage d’un seuil à l’autre. Le chiffre de 1 281 euros n’est pas un nouveau plafond général pour les retraites. Il correspond à l’un des seuils utilisés dans le mécanisme prévu par le projet de loi.
Pour les pensions supérieures, le gouvernement pourrait fixer des coefficients de revalorisation inférieurs à celui prévu par la règle habituelle. Le texte précise, néanmoins, que ces coefficients ne pourront pas être inférieurs à 1. Autrement dit, le dispositif ne prévoit pas de baisse nominale de la pension.
Pour la retraite au-dessus de 2 000 euros, un gel pourrait être appliqué
Le projet de loi prévoit, ensuite, une autre série de seuils : 2 000, 2 007, 2 014, 2 021, 2 028 et 2 034 euros. Pour les retraités situés dans ces différentes tranches, le gouvernement pourrait fixer des coefficients au plus égaux à ceux appliqués aux pensions inférieures. Au-delà de 2 034 euros de pensions mensuelles cumulées, le coefficient ne pourrait pas dépasser le plus faible de ceux retenus pour les tranches précédentes.
A noter qu’il ne faut pas se fier pour le moment aux taux annoncés dans certaines simulations. Comme le précise Moneyvox, le PLFSS ne fixe pas aujourd’hui une hausse de 1,6 %, 1,5 %, 1,4 %, 1 %, 0,8 % ou 0,6 % selon les tranches. Ces chiffres ne sont pas inscrits comme des taux définitifs dans l’article 35. Le texte renvoie à un ou plusieurs décrets pour déterminer les coefficients.
Et si aucun décret n’est publié au plus tard le 31 octobre 2027, le coefficient sera fixé à 1 pour les pensions concernées, sauf celles bénéficiant des dispositions particulières prévues pour les tranches proches de 1 260 euros.
Le gouvernement estime que cette mesure permettrait de ralentir les dépenses de retraite d’environ 3 milliards d’euros en 2027, après prise en compte de certains effets sur la CSG. Le déficit de la branche vieillesse est, lui, prévu à 4,8 milliards d’euros en 2027, contre 8 milliards en 2026. Le contexte d’inflation reste, par ailleurs, important. L’Insee estimait provisoirement à 3 % sur un an la hausse des prix en septembre 2026, après 2,4 % en août.








