« Où est passé l’argent ? » : des centaines d’épargnants portent plainte contre une arnaque à l’assurance-vie

Des centaines de Français portent plainte après avoir perdu de l’argent dans des contrats d’assurance-vie aux promesses trompeuses

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« Où est passé l'argent ? » : des centaines d'épargnants portent plainte contre une arnaque à l'assurance-vie - Crédit : Canva | Econostrum.info

Censés sécuriser leur avenir, ils se retrouvent aujourd’hui avec des pertes financières et de nombreuses interrogations : plusieurs centaines d’épargnants ont décidé de porter plainte après avoir investi dans des contrats d’assurance-vie promettant des rendements élevés, qui se sont révélés décevants, voire négatifs, rapporte France 2 dans un reportage consacré à cette affaire. 

Au cœur de l’affaire figure notamment un produit baptisé « Premium Prudent », commercialisé au début des années 2010 via des courtiers indépendants, est-il expliqué dans le reportage. Présenté comme un placement sûr, il promettait selon les documents commerciaux des rendements annuels de 7,5 %, voire davantage selon certains témoignages.

Une épargnante ayant souscrit en 2011 explique que ce placement lui avait été présenté comme sûr et affirme qu’un rendement d’au moins 20 % sur quelques années lui avait été proposé. La réalité s’est révélée bien différente. Dans certains cas, les pertes sont importantes. Cette même épargnante indique avoir perdu environ 5 000 euros sur les 12 000 investis.

Une situation d’autant plus incompréhensible pour les clients que les marchés financiers ont globalement été orientés à la hausse sur certaines périodes. « Pour avoir de si mauvaises performances et ne pas être capables de justifier que nous ayons des performances négatives pendant que, dans le même temps, la bourse avait des performances positives, sur quoi ont-ils investi notre argent pour qu’on ait des rendements négatifs ? » s’interroge-t-elle.

Faillite de l’assureur et soupçons de détournement de fonds

Les contrats incriminés étaient en réalité gérés par un assureur basé au Luxembourg, FWU, aujourd’hui en faillite. Cette défaillance a aggravé la situation des épargnants, qui peinent à récupérer leur capital. Selon les éléments disponibles, environ 150 000 contrats de ce type auraient été souscrits en France, et près de 34 000 épargnants n’auraient toujours rien récupéré à ce stade.

Face à ces pertes, environ 200 épargnants ont décidé de porter plainte pour escroquerie. Leur objectif est de faire la lumière sur la gestion des fonds et d’identifier d’éventuelles responsabilités, qu’il s’agisse de l’assureur ou des intermédiaires ayant commercialisé ces produits.

Du côté des courtiers, la défense s’organise. L’un d’eux assure avoir cessé la commercialisation dès 2014, « de sa propre initiative, afin de protéger les épargnants », et affirme avoir alerté les autorités compétentes. Reste que pour les investisseurs concernés, ces arguments peinent à dissiper les doutes.

L’enjeu principal porte désormais sur la traçabilité des fonds. « Où est passé l’argent ? Il y a un faisceau d’indices laissant à penser que les fonds investis par ces épargnants pourraient avoir été détournés », indique Me Anne Charlotte Mallet, avocate de plusieurs plaignants. Si ces soupçons sont confirmés, l’affaire pourra prendre une dimension pénale encore plus lourde.

Pour les particuliers, cette affaire rappelle les risques liés à certains contrats d’assurance-vie, notamment ceux reposant sur des promesses de rendements élevés. Elle souligne aussi l’importance de vérifier la solidité de l’assureur, la transparence des supports d’investissement et le cadre réglementaire du produit.

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