Les foyers équipés d’un compteur électrique puissant pourraient bientôt voir une différence sur leur facture. À partir du 1er août, la grille tarifaire de l’option Tempo évolue avec la création d’un abonnement spécifique pour les clients disposant d’une puissance de 24 kVA. Jusqu’ici, ces ménages payaient le même abonnement que ceux équipés en 30 kVA, une situation jugée incohérente par la Commission de régulation de l’énergie (CRE).
Cette évolution ne concerne pas la majorité des abonnés EDF, mais vise un profil bien particulier : les grandes maisons très équipées en électricité, notamment celles avec une pompe à chaleur, une voiture électrique ou plusieurs appareils fortement consommateurs.
Une différence tarifaire qui sera enfin corrigée
L’option Tempo fonctionne sur un principe différent des offres classiques d’électricité. Elle permet de bénéficier d’un prix du kilowattheure avantageux pendant une grande partie de l’année, en échange d’une forte hausse pendant certaines journées où le réseau électrique est particulièrement sollicité.
Mais depuis plusieurs années, une particularité de la grille tarifaire posait problème pour certains abonnés. Les foyers ayant choisi une puissance de 24 kVA étaient facturés sur la même base d’abonnement que ceux disposant d’un compteur de 30 kVA, alors que leur puissance maximale était inférieure.
Dans sa délibération du 15 juillet 2026, la CRE indique qu’il fallait permettre aux consommateurs concernés de disposer « d’une option correspondant à leur puissance ». À compter du 1er août, un niveau d’abonnement spécifique sera donc créé pour les compteurs Tempo 24 kVA.
Le montant exact de cette nouvelle tarification sera fixé avec la publication des barèmes définitifs. La baisse attendue concernera uniquement la partie fixe de la facture, et non le prix du kilowattheure consommé.
Cette correction vise principalement les logements qui ont besoin d’une forte puissance en électricité. Une maison chauffée entièrement à l’électricité, équipée d’une borne de recharge ou de plusieurs équipements énergivores peut nécessiter un abonnement supérieur aux puissances classiques de 6 ou 9 kVA.
Tempo reste avantageux, mais son équilibre a changé depuis 2026
Cette évolution intervient alors que l’option Tempo a connu un changement important quelques mois auparavant. Au 1er février 2026, la CRE a augmenté ses tarifs de 6,2 % TTC en moyenne, considérant que l’écart entre le prix payé par les abonnés et les coûts réels de l’électricité lors des périodes de pointe était devenu trop important.
Le principe de Tempo reste toutefois inchangé : l’année est divisée en trois types de journées. Les 300 jours bleus proposent les tarifs les plus bas, les 43 jours blancs appliquent une hausse modérée, tandis que les 22 jours rouges, principalement en hiver, affichent des prix beaucoup plus élevés pendant les heures pleines.
Depuis février 2026, le kilowattheure en heures pleines d’un jour rouge atteint 0,7060 euro TTC, contre 0,1612 euro TTC en heures pleines d’un jour bleu. En heures creuses, le tarif s’établit à 0,1325 euro en jour bleu, 0,1499 euro en jour blanc et 0,1575 euro en jour rouge.
L’option continue donc de cibler les consommateurs capables d’adapter leurs habitudes. Les ménages qui peuvent limiter leur consommation lors des journées rouges peuvent encore réduire leur facture annuelle. En revanche, les foyers dépendant fortement du chauffage électrique en plein hiver doivent être particulièrement attentifs avant de choisir cette formule.
Avec cette nouvelle correction tarifaire sur les compteurs 24 kVA, la CRE cherche donc à rendre la grille plus cohérente, sans remettre en cause le principe même de Tempo : encourager les consommateurs à déplacer leur consommation pour soulager le réseau électrique lors des périodes les plus tendues.








