Chauffer son logement au gaz ne sera pas toujours la solution la moins chère cet automne. En novembre prochain, un radiateur électrique utilisé pendant les heures creuses peut produire de la chaleur à un coût inférieur à celui d’une chaudière à gaz récente.
Selon les tarifs retenus par Selectra, l’écart atteint 8 à 15 %. Mais le résultat s’inverse pendant les heures pleines. Pour comparer les deux modes de chauffage, il ne suffit pas de regarder le prix du kilowattheure acheté. Une chaudière perd une partie de l’énergie du gaz, notamment dans les fumées. Son rendement saisonnier indique quelle proportion de cette énergie sert réellement à chauffer le logement.
Le règlement européen 813/2013 impose, depuis le 26 septembre 2015, un rendement énergétique saisonnier minimal de 86 % pour la plupart des chaudières à combustible neuves d’une puissance inférieure ou égale à 70 kW. Les modèles à condensation récents peuvent atteindre environ 90 à 92 %. Un radiateur électrique classique, lui, transforme pratiquement toute l’électricité consommée en chaleur dans la pièce, souligne Selectra.
Pour obtenir le coût d’un kilowattheure de chaleur au gaz, il faut diviser le prix du kilowattheure de gaz par le rendement de la chaudière. Or, à partir du 1er novembre, le prix repère de vente du gaz pour les ménages qui se chauffent avec cette énergie s’établira à 0,1576 euro TTC par kWh, selon la Commission de régulation de l’énergie (CRE).
Avec un rendement de 92 %, le kilowattheure de chaleur reviendra ainsi à environ 0,1713 euro. Avec une chaudière affichant 86 % de rendement, il montera à 0,1833 euro. En face, le tarif réglementé de l’électricité, en vigueur depuis le 1er août dernier, fixe le kilowattheure à 0,1589 euro en heures creuses, contre 0,2001 euro en option Base et 0,2142 euro en heures pleines. Dans les conditions retenues, l’électricité en heures creuses coûtera moins cher que la chaleur produite au gaz.
Le gaz reste plus avantageux en heures pleines
L’avantage ne durera pas toute la journée. Au tarif de 0,2001 euro en option Base, le chauffage au gaz coûtera environ 8 à 14 % de moins, selon le rendement de la chaudière. En heures pleines, l’écart grimpera à environ 14 à 20 % en faveur du gaz.
Sur 10 000 kWh de chaleur, une chaudière avec un rendement de 92 % représentera une dépense estimée à 1 713 euros, contre 1 589 euros pour un radiateur utilisé exclusivement en heures creuses. L’écart atteindra donc 124 euros, hors abonnements. Avec une chaudière à 86 %, la dépense grimpera à 1 833 euros.
Dans la pratique, un radiateur d’appoint ne fonctionne pas nécessairement uniquement pendant les huit heures creuses quotidiennes. Les horaires sont fixés par Enedis et peuvent se situer la nuit ou en journée. Pour une utilisation répartie sur huit heures creuses à 0,1589 euro et seize heures pleines à 0,2142 euro, le coût moyen atteindra environ 0,1958 euro par kWh, ce qui rend le gaz plus intéressant dans cette comparaison.
Il ne s’agit donc pas de remplacer sa chaudière à la hâte. Les abonnements, l’isolation du logement et les habitudes de chauffage comptent aussi. Le bon réflexe consiste à vérifier le rendement de sa chaudière, les horaires d’heures creuses et les prix figurant sur ses contrats avant de décider quel équipement utiliser.








