Les automobilistes doivent composer avec une nouvelle flambée des prix à la pompe. En pleine période estivale, le gazole dépasse désormais les 2 euros le litre dans de nombreuses stations et l’essence franchit également un seuil symbolique. Cette hausse est alimentée par la nervosité des marchés pétroliers et les tensions internationales, mais certains observateurs estiment qu’un reflux pourrait intervenir rapidement si la situation géopolitique se stabilise.
Le gazole est actuellement le carburant qui subit la plus forte pression. Selon les derniers relevés de Carbu.com, le prix moyen du gazole (B7) atteint environ 2,16 euros le litre, soit une hausse de 8,5 centimes en une semaine (+4,1 %) et de 26,8 centimes sur un mois (+14,2 %). Le SP95-E10 s’établit de son côté autour de 2,02 euros le litre, avec une progression de 12,5 centimes sur un mois (+6,6 %).

Cette différence entre diesel et essence s’explique notamment par la structure du marché européen. Le gazole reste très consommé en France, notamment par les véhicules professionnels et une partie importante du parc automobile existant. Or, l’Europe ne produit pas suffisamment de diesel pour couvrir ses besoins et doit donc importer une partie de ses volumes.
Depuis la fin des importations directes de produits pétroliers russes, les circuits d’approvisionnement ont été profondément modifiés. Les marchés européens se sont davantage tournés vers d’autres fournisseurs, ce qui rend les prix plus sensibles aux perturbations internationales. À cela s’ajoutent notamment les tensions autour du Moyen-Orient.
Le prix payé par les automobilistes dépend en effet de plusieurs facteurs : le cours du pétrole brut, les marges de raffinage, les coûts de transport, mais aussi la fiscalité. En France, les taxes représentent une part importante du prix final à la pompe, notamment avec la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) et la TVA.
La moindre inquiétude sur l’approvisionnement mondial peut donc rapidement se répercuter dans les stations-service. Les marchés anticipent généralement les risques futurs, ce qui explique pourquoi les prix peuvent augmenter avant même qu’une éventuelle pénurie réelle apparaisse.
Vers une accalmie des prix des carburants dans les prochains jours ?
Malgré cette forte hausse, une détente reste possible si les tensions internationales diminuent. Le prix des carburants évolue avec un décalage de plusieurs jours après les mouvements du pétrole brut : une baisse durable des cours pourrait donc finir par se traduire par une diminution du prix affiché dans les stations.
Certains réseaux de distribution tentent également de limiter l’impact pour les consommateurs. TotalEnergies a notamment remis en place un plafonnement temporaire dans ses stations françaises, avec un prix maximum annoncé de 1,99 euro le litre pour l’essence et 2,25 euros pour le gazole. Le groupe dispose d’environ 3 300 stations-service en France.
Cette mesure intervient alors que les grands déplacements estivaux entraînent traditionnellement une forte demande. Dans certaines zones, des tensions ponctuelles d’approvisionnement peuvent apparaître lorsque les automobilistes se concentrent sur quelques stations très fréquentées.
La perspective d’un retour du gazole sous la barre des 2 euros dépend toutefois essentiellement de l’évolution du contexte international. Une amélioration sur les marchés pétroliers pourrait entraîner une baisse progressive, mais une nouvelle escalade géopolitique pourrait au contraire prolonger la pression sur les prix.








