Carburants plafonnés : mauvaise nouvelle, TotalEnergies réduit son dispositif

Le plafonnement des carburants par TotalEnergies recule, relançant les questions sur les prix à la pompe et la concurrence entre stations.

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Carburants plafonnés : mauvaise nouvelle, TotalEnergies réduit son dispositif. Crédit : Shutterstock | Econostrum.info

Le plafonnement des carburants à 1,99 euro le litre se fait désormais plus rare dans les stations TotalEnergies. Le groupe a recentré son dispositif sur une partie de son réseau, alors que des concurrents dénoncent une distorsion de concurrence et que la question des marges revient au centre du débat.

TotalEnergies avait présenté son opération comme un soutien au pouvoir d’achat durant l’été. Dans les faits, le plafond de 1,99 euro le litre ne serait plus appliqué que dans environ un tiers des stations du groupe. Le dispositif resterait surtout en vigueur dans certaines zones rurales et dans quelques stations situées sur autoroute. Dans le reste du réseau, les prix peuvent dépasser ce seuil en fonction des cours du pétrole, des coûts de raffinage et des conditions locales de distribution.

Cette réduction marque un changement par rapport à la communication initiale du groupe, qui avait largement mis en avant son plafonnement.

Les distributeurs indépendants saisissent l’Autorité de la concurrence

La Fédération française des combustibles, carburants et chauffage, la FF3C, a déposé un recours contre la politique tarifaire de TotalEnergies. Son directeur général, Jacques Goisque, estime que le groupe bénéficie d’un avantage lié à son organisation. TotalEnergies intervient à plusieurs étapes de la chaîne, depuis la production de pétrole jusqu’à la vente en station-service.

Selon les distributeurs indépendants, cette structure donne au groupe la capacité de compenser des prix bas à la pompe par les revenus tirés de l’extraction et du raffinage. Les petites stations, qui ne disposent pas de ces ressources, ne pourraient pas suivre durablement. La FF3C redoute une fragilisation du réseau indépendant, notamment dans les territoires ruraux où les stations de proximité sont parfois peu nombreuses.

Des baisses de ventes chez certains concurrents

Les professionnels réunis au sein de Mobilians signalent une forte diminution de leurs volumes de carburant depuis le lancement de l’opération de TotalEnergies. Selon les chiffres avancés par l’organisation, certaines stations auraient enregistré des reculs compris entre 15 % et 40 %.

Ces pertes alimentent les critiques contre un dispositif présenté comme un soutien aux automobilistes, mais perçu par les concurrents comme un moyen d’attirer une clientèle nouvelle vers le réseau TotalEnergies.

TotalEnergies chiffre le coût de son dispositif

Le président-directeur général de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a évalué à près de 200 millions d’euros le coût du plafonnement depuis le début des tensions en Iran. La direction du groupe a reconnu avoir vendu ponctuellement du carburant à un niveau inférieur à son coût de revient. Elle a aussi expliqué que les résultats globaux de l’entreprise pouvaient absorber cette dépense.

Cette capacité financière nourrit le recours des distributeurs indépendants, qui jugent ne pas pouvoir supporter une politique tarifaire comparable. Le président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, Éric Coquerel, considère que le plafonnement relève avant tout d’une politique commerciale. Invité de BFM Politique le 19 juillet, le député a rappelé que TotalEnergies contrôle aussi des activités de raffinage.

Selon lui, cette position donne au groupe davantage de latitude pour agir sur ses marges que les distributeurs qui achètent leur carburant auprès de fournisseurs extérieurs. Il estime que le plafonnement a pu renforcer la place de TotalEnergies face à ses concurrents tout en valorisant son image auprès des automobilistes.

Le débat sur un blocage national des prix relancé

Éric Coquerel défend un blocage des prix appliqué à l’échelle nationale, avec une action sur les marges des raffineurs. Selon lui, une intervention limitée à un seul groupe ne répond pas durablement au problème du pouvoir d’achat. Elle peut aussi déplacer la clientèle vers les stations les mieux armées financièrement.

Le coût des carburants pèse directement sur les dépenses des ménages. Une part plus élevée du budget consacrée au plein réduit les sommes disponibles pour les autres achats. La réduction du dispositif de TotalEnergies relance ainsi deux débats : celui du niveau des prix à la pompe et celui de l’équilibre entre grands groupes intégrés et distributeurs indépendants.

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