Dès 2026, les travailleurs belges pourront connaître les salaires de leurs collègues

Avec l’entrée en vigueur d’une nouvelle réforme en 2026, la Belgique rejoint une tendance européenne visant à renforcer l’égalité salariale et la transparence au sein des entreprises.

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Dès 2026, les travailleurs belges pourront connaître les salaires de leurs collègues | Econostrum.info - Belgique

À partir de 2026, les travailleurs belges auront la possibilité de demander à leur employeur des informations sur la rémunération de leurs collègues. Cette mesure vise à renforcer la transparence et à lutter contre les écarts salariaux, notamment entre hommes et femmes. 

Elle s’inscrit dans une directive européenne adoptée en 2023, obligeant les entreprises à fournir des données anonymisées sur les salaires. Avec cette réforme, les négociations salariales pourraient être profondément transformées, entraînant des ajustements au sein des entreprises.

Un droit d’accès inédit aux informations salariales

Dès l’an prochain, les salariés belges auront le droit d’obtenir des informations précises sur la rémunération de leurs collègues auprès de leur employeur. Cette mesure découle de la directive européenne sur la transparence salariale, que la Belgique doit transposer dans sa législation avant juin 2026. Son objectif est de lutter contre les écarts de salaire injustifiés en permettant aux travailleurs de comparer leur propre rémunération avec celle de leurs collègues occupant des postes similaires.

Les entreprises de plus de 50 salariés seront tenues de fournir des informations anonymisées sur les salaires moyens par catégorie d’emploi et par genre. Elles devront également justifier tout écart de rémunération dépassant 5 %, en expliquant les critères objectifs qui le motivent. En cas de non-respect de ces obligations, des sanctions financières pourront être appliquées. Cette nouvelle règle concerne une grande partie du marché du travail belge, sachant que près de 45 % des travailleurs du pays sont employés dans des entreprises de cette taille ou plus.

Les travailleurs pourront accéder à ces informations via leurs représentants syndicaux ou directement auprès de leur employeur. Les syndicats auront aussi la possibilité de demander des rapports détaillés sur les structures salariales des entreprises, ce qui devrait faciliter la détection et la correction des inégalités de traitement.

Une réforme qui bouscule les pratiques salariales

L’accès facilité aux données salariales pourrait transformer en profondeur les relations de travail et les politiques de rémunération. En Belgique, l’écart salarial entre hommes et femmes est actuellement estimé à 5,3 % en moyenne, bien qu’il varie selon les secteurs. Avec cette réforme, les disparités de rémunération deviendront plus visibles, ce qui pourrait contraindre les employeurs à adopter des pratiques plus équitables.

Les négociations salariales, jusqu’à présent souvent individuelles et basées sur des informations partielles, pourraient également évoluer. Désormais, un employé disposera de données lui permettant de comparer sa rémunération avec celle de ses pairs, renforçant ainsi sa position lors des discussions avec son employeur. Cette transparence accrue pourrait cependant générer des tensions si des écarts injustifiés sont révélés au sein d’une même entreprise.

Du côté des employeurs, cette obligation de transparence pourrait les inciter à revoir leurs grilles salariales pour éviter des revendications en masse. Certains pourraient même anticiper ces demandes en appliquant une politique de rémunération plus uniforme et en documentant mieux leurs critères de fixation des salaires. Toutefois, certains chefs d’entreprise s’inquiètent d’un risque d’uniformisation excessive des salaires, pouvant nuire à la reconnaissance des performances individuelles.

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