Dette, déficit, réformes : ce que cache le “répit” accordé par Moody’s à la Belgique

Moody’s maintient la note de la Belgique, offrant un répit temporaire au gouvernement tout en laissant planer des incertitudes budgétaires.

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La dette de l'État fédéral s'envole : plus de trois milliards d'euros de plus en un mois. Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

L’agence de notation Moody’s a annoncé vendredi soir le maintien de la note de crédit de la Belgique à Aa3, assortie d’une perspective négative. Ce maintien évite une dégradation attendue par certains analystes après l’abaissement de la note par Fitch en juin dernier. Il représente une respiration pour le gouvernement belge, mais ne dissipe pas les incertitudes économiques.

Le maintien de la note à Aa3 signifie que Moody’s considère le risque de crédit belge comme très faible, bien que la position de la Belgique reste en bas de cette catégorie. La perspective négative indique que la situation pourrait évoluer défavorablement si des efforts structurels ne sont pas poursuivis dans les mois à venir. L’agence souligne notamment le niveau élevé de la dette publique, qui demeure l’un des principaux facteurs de vulnérabilité du pays.

Un signal politique pour le gouvernement

Selon Moody’s, la présence de réformes structurelles dans le programme du gouvernement De Wever a pesé dans la décision de ne pas abaisser la note. Les mesures visant à corriger le faible taux d’emploi, faire face au vieillissement démographique et endiguer la progression des déficits sont jugées positives, même si leur mise en œuvre reste incomplète. L’agence appelle à une meilleure coordination des politiques budgétaires entre les différents niveaux de pouvoir en Belgique, afin d’améliorer la trajectoire de la dette.

Le Premier ministre Bart De Wever y voit un encouragement indirect à poursuivre les réformes. Il estime que le maintien de la note montre que les premiers efforts sont reconnus, tout en soulignant la nécessité de continuer à réduire le déficit d’ici la fin de la législature.

Des fragilités économiques persistantes malgré la décision de Moody’s

Malgré cette évaluation positive à court terme, Moody’s maintient une prudence marquée dans son analyse. L’agence pointe les risques structurels pour la compétitivité, notamment liés à la hausse des salaires et aux coûts énergétiques. Elle n’exclut pas non plus les conséquences d’éventuels chocs géopolitiques qui pourraient affecter la capacité du pays à respecter ses engagements financiers.

La Belgique échappe donc à une dégradation, mais reste sous surveillance. La note pourrait être revue à la baisse si la trajectoire budgétaire ne s’améliore pas ou si les réformes s’essoufflent. À l’inverse, un retour à une perspective stable dépendra de la capacité du pays à stabiliser sa dette et à améliorer durablement son fonctionnement économique et institutionnel.

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Logo de l’agence de notation Moody’s

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