Le marché pharmaceutique belge fait face à une indisponibilité croissante de médicaments. Cette pénurie touche principalement des références essentielles comme l’ibuprofène, le Dafalgan ou encore l’Ozempic.
Selon la base de données PharmaStatut, ces ruptures concernent 8,2 % des conditionnements commercialisés. Cette situation inquiète les professionnels de santé et les patients, qui peinent à obtenir leurs traitements habituels.
Une pénurie persistante qui touche des médicaments courants
Selon les données de PharmaStatut, 848 médicaments sont actuellement indisponibles ou en tension sur le marché belge. Cette pénurie touche des traitements essentiels, notamment l’ibuprofène, souvent utilisé contre la douleur et la fièvre, ou encore le Ventolin, crucial pour les patients souffrant d’asthme et de bronchite chronique. L’Ozempic, prescrit pour le diabète et utilisé hors AMM pour la perte de poids, est également concerné par ces ruptures.
D’autres références largement utilisées, comme le Dafalgan, un antalgique très répandu, subissent aussi des ruptures fréquentes. Ces indisponibilités concernent tant les médicaments génériques que les marques déposées, rendant difficile le remplacement immédiat par une alternative équivalente. Les pharmaciens doivent alors composer avec les stocks disponibles, cherchant des solutions temporaires pour éviter les interruptions de traitement. Cette situation pousse certains patients à constituer des réserves, aggravant encore la pénurie.
L’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS) a recensé 3 100 notifications de médicaments indisponibles en 2024, signalées par les pharmaciens, les grossistes et les laboratoires pharmaceutiques. Bien que ce chiffre soit en légère baisse, les conséquences restent importantes pour les patients et les professionnels de santé, qui doivent jongler avec des alternatives parfois moins efficaces, plus coûteuses ou aux effets secondaires différents.
Les causes de la crise et ses répercussions sur les patients
Plusieurs facteurs expliquent cette indisponibilité. Les tensions sur les chaînes d’approvisionnement, accentuées par des ruptures de matières premières, perturbent la production et la distribution. Par ailleurs, la hausse de la demande, notamment pour des traitements comme l’Ozempic, contribue à ces difficultés. L’industrie pharmaceutique peine à adapter rapidement sa production, notamment en raison des contraintes réglementaires et des délais de fabrication prolongés.
En parallèle, la stratégie de production des laboratoires, qui privilégient souvent certains marchés plus rémunérateurs, limite les stocks disponibles pour des pays comme la Belgique. Les exportations parallèles, où des médicaments initialement destinés au marché belge sont redirigés vers d’autres pays, jouent également un rôle dans cette crise. Cette dynamique complexifie encore davantage l’accès aux traitements pour les patients et met sous pression les professionnels de santé.
Les conséquences pour les patients sont multiples : retards dans les traitements, nécessité de recourir à des alternatives, parfois moins bien tolérées ou moins efficaces. Pour certains malades chroniques, comme les diabétiques ou les asthmatiques, l’absence de leur traitement habituel peut engendrer des complications graves. Certains patients se retrouvent même à devoir changer plusieurs fois de traitement, ce qui peut provoquer des effets secondaires imprévus et compliquer leur suivi médical.
Les autorités sanitaires appellent les laboratoires et les grossistes à une meilleure anticipation des stocks et à des plans de contingence pour limiter ces tensions. Mais la situation actuelle montre que des solutions structurelles sont nécessaires pour garantir l’accès aux médicaments essentiels. Parmi les pistes envisagées, la production locale de certains traitements stratégiques ou des obligations de stocks minimaux pour les distributeurs pourraient être mises en place afin de réduire la dépendance aux importations et de sécuriser l’approvisionnement.








