Médicaments : 8 milliards d’euros remboursés en Belgique, ces traitements pèsent le plus lourd

Les dépenses de médicaments remboursés en Belgique atteignent un niveau record, avec quelques catégories de traitements qui concentrent une large part de la facture.

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Médicaments : 8 milliards d’euros remboursés en Belgique, ces traitements pèsent le plus lourd. Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

Les dépenses de médicaments remboursés par l’assurance soins de santé belge ont atteint 7,9 milliards d’euros en 2024, selon le dernier rapport MORSE de l’INAMI. La facture brute a progressé de 9,6 % en un an et certaines catégories concentrent une très grande partie des dépenses.

En 2024, les médicaments représentaient 17,3 % des dépenses totales du budget des soins de santé. Cette proportion était de 17,4 % en 2023, 16,6 % en 2022, 16,7 % en 2021 et 17,2 % en 2020. La dépense brute ne correspond pas à la charge finale de l’assurance maladie. Des reversements et contributions sont versés par les entreprises pharmaceutiques, notamment dans le cadre des médicaments sous contrat. Après ces mécanismes, la dépense nette de l’INAMI s’établissait à 5,6 milliards d’euros en 2024, soit 6,6 % de plus qu’en 2023.

Les médicaments hospitaliers concentrent plus de la moitié des dépenses

Le secteur hospitalier concentre une part grandissante de la facture. En 2024, il représentait 54,7 % des dépenses brutes de médicaments. L’INAMI relie cette évolution notamment au poids des médicaments faisant l’objet d’une convention avec les entreprises pharmaceutiques. Ces conventions concernent des traitements dont la valeur ajoutée ou l’incidence budgétaire restent difficiles à évaluer au moment de leur remboursement. En 2024, 189 conventions couvrant 149 molécules étaient en vigueur, dont 38 nouvelles conventions. Leur nombre a progressé de 16 % en un an et celui des molécules concernées de 10 %.

Sur la période 2015-2024, le taux cumulé de reversement des entreprises pharmaceutiques atteint 45,4 %. L’INAMI précise aussi qu’environ 77 % des négociations menées en 2024 ont abouti à une convention. Près de 60 % des conventions conclues concernent des médicaments utilisés en oncologie. Les dépenses restent très concentrées. Sur 164 classes de médicaments, seulement 15 représentent 68 % du coût total. Les anticorps monoclonaux et conjugués arrivent en tête avec 1,3 milliard d’euros, soit une progression de 8,6 % en un an. Ces traitements sont notamment utilisés contre certains cancers et certaines maladies auto-immunes.

Les inhibiteurs de protéine kinase représentent environ 510 millions d’euros. Leur coût recule légèrement, de 1 %, alors que les volumes progressent avec l’élargissement de certaines indications.

Les antidiabétiques ont triplé en dix ans

Les antidiabétiques hors insuline constituent l’une des catégories dont les dépenses progressent le plus rapidement. Elles ont atteint 275 millions d’euros en 2024, soit 16,5 % de plus qu’un an auparavant. En dix ans, le coût de cette classe a triplé. L’INAMI relie cette évolution à la hausse du nombre de patients, mais aussi à l’utilisation plus importante des analogues du GLP-1 et des inhibiteurs du SGLT2, ainsi qu’à des utilisations pour la perte de poids qui ne sont pas toujours remboursables.

Depuis 2026, l’INAMI a renforcé les conditions de remboursement de certains antidiabétiques de la famille des GLP-1. Pour Ozempic et plusieurs autres traitements, une autorisation de la mutualité est notamment requise dans certaines situations. D’autres catégories pèsent aussi lourd dans les dépenses, notamment les hypolipémiants, utilisés contre le cholestérol, les immunoglobulines et les traitements innovants contre la migraine. Les immunosuppresseurs restent le premier poste de dépenses dans les pharmacies publiques et représentent près d’un milliard d’euros lorsqu’on considère les deux secteurs.

Pour les patients, l’évolution de la dépense de l’INAMI ne correspond pas directement à ce qu’ils paient au comptoir. En 2024, 8,8 millions de patients ont eu recours à des spécialités en pharmacie publique. Leur dépense moyenne a augmenté de 2,10 euros entre 2023 et 2024.

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