Des centaines de milliers de boîtes de lait infantile ont été rappelées en début d’année 2026 en Europe après la découverte de contamination par la toxine céréulide, produite par la bactérie Bacillus cereus. Certaines de ces boîtes ont été retirées des rayons “discrètement” en Allemagne et en Autriche entre décembre 2025 et janvier 2026, sans que le grand public ne soit informé.
Le 24 décembre 2025, Nestlé a confirmé que l’huile ARA (acide arachidonique) issue du fournisseur chinois Cabio Biotech contenait des traces de céréulide dépassant les niveaux de référence européens. Les échantillons ont affiché 0,7 et 0,5 µg/kg, des concentrations jugées préoccupantes. Entre le 24 décembre et le 5 janvier 2026, la multinationale a procédé à plus de 400 tests, couvrant tous les lots d’huile ARA et les mélanges associés. Les rappels officiels n’ont été publiés que le 5 janvier, après vérification complète des produits concernés.
Nestlé a justifié ce délai en précisant que publier un rappel avant d’avoir identifié tous les lots concernés aurait pu conduire à un retrait incomplet ou erroné. L’entreprise insiste sur le fait que les laits infantiles sont des produits de première nécessité, et qu’il est impératif de cibler strictement les lots concernés pour assurer la sécurité des bébés tout en maintenant la disponibilité des produits pour les familles.
Retraits “discrets” et implications pour les consommateurs de ce lait infantile
Entre le 24 décembre et le 5 janvier, plusieurs lots de lait Beba de Nestlé et Aptamil de Danone ont disparu des rayons en Allemagne et en Autriche. Ces produits étaient déjà disponibles dans le commerce depuis avril 2025 et pouvaient avoir été achetés par les consommateurs avant leur retrait. Selon les autorités autrichiennes, les échantillons étaient jugés impropres à la consommation humaine, mais pas dangereux pour la santé, ce qui expliquait l’absence de communication publique immédiate.
En Allemagne, les autorités ont confirmé que les produits avaient été retirés de la vente dès le 24 décembre dans le cadre d’un retrait discret, le rappel officiel intervenant le 5 janvier pour Nestlé et le 30 janvier pour Danone. Les autorités justifient cette procédure par le fait que les produits ne présentaient aucun danger sanitaire aigu, malgré la présence de la toxine.
Coordination européenne et retard de communication
Nestlé a alerté les autres fabricants le 30 décembre via le Specialised Nutrition Europe (SNE), mais les rappels des concurrents n’ont débuté qu’à partir du 24 janvier en Belgique. Ce décalage met en lumière les difficultés de coordination entre fabricants et autorités pour garantir la sécurité des nourrissons tout en limitant le gaspillage et les pénuries.
L’affaire soulève des questions sur la transparence des rappels et sur la manière dont les produits alimentaires essentiels sont gérés lorsque des contaminations sont détectées.








