Le gouvernement belge envisage de modifier l’indexation automatique des salaires et des allocations sociales. Cette réforme pourrait avoir des conséquences considérables sur le pouvoir d’achat des citoyens d’ici 2029.
Les deux principales options étudiées par le gouvernement sont soit un « saut d’index » en 2026, suivi d’une indexation à un niveau inférieur, soit une mise en place d’une indexation annuelle au 1er janvier 2027, sans indexation en 2026. Ce dernier scénario semble être privilégié, selon plusieurs sources proches du dossier. L’objectif de ces réformes est de réaliser des économies budgétaires, mais elles pourraient aussi avoir des conséquences lourdes sur les ménages.
Impact de la modification de l’indexation sur le pouvoir d’achat
L’économiste Philippe Defeyt a réalisé des simulations pour évaluer les effets de ces réformes. Selon ses analyses rapportées par L’Avenir, pour un salarié gagnant 30 000 € nets par an (soit 2 500 € nets par mois), un saut d’index en 2026 et une indexation inférieure les années suivantes entraîneraient une perte cumulée de pouvoir d’achat d’environ 1 450 € entre 2026 et 2029. Cette perte pourrait être ressentie par les travailleurs au quotidien, réduisant leur capacité de consommation.
L’indexation, qui permet d’ajuster les salaires et les allocations sociales à l’inflation, a été un mécanisme crucial pour préserver le pouvoir d’achat des citoyens. Sa suspension ou sa réduction pourrait donc avoir des conséquences directes sur la vie quotidienne de nombreux Belges, notamment ceux dont les revenus dépendent largement de ces ajustements.
Les économies pour l’État
Ces mesures, bien que pénalisantes pour les ménages, visent à permettre des économies substantielles pour l’État. Selon les estimations, si l’indexation des salaires et des prestations sociales est suspendue en 2026, l’État pourrait économiser 1,5 milliard d’euros en 2026, et jusqu’à 2,5 milliards d’euros en 2029. Toutefois, ces économies pourraient avoir un coût à long terme : une baisse du revenu des ménages entraînerait une diminution de la consommation, impactant ainsi l’économie et les recettes fiscales.
Les réductions d’indexation peuvent également nuire aux recettes fiscales de l’État, car elles concerneraient non seulement les salaires mais aussi les pensions et certaines allocations sociales. Moins de revenus pour les citoyens se traduirait par moins de consommation et, donc, moins de taxes perçues, ce qui pourrait annuler en partie les économies réalisées.








