Les prix de l’énergie devraient rester élevés en Europe cet hiver, alors que les tensions géopolitiques continuent de peser sur les marchés. L’Union européenne ne prévoit pas de pénurie d’approvisionnement, mais elle anticipe une période difficile pour les ménages et les entreprises.
Lors d’une réunion des ministres de l’Énergie à Dublin, le commissaire européen Dan Jorgensen a indiqué que l’Union européenne ne s’attendait pas à des problèmes majeurs d’approvisionnement en gaz et en pétrole. En revanche, les prix devraient rester à des niveaux « très élevés ». « Il ne fait aucun doute que nous nous dirigeons vers un hiver difficile », a déclaré le responsable européen, en évoquant les conséquences de la crise énergétique liée aux tensions au Moyen-Orient.
La situation inquiète particulièrement concernant le chauffage des logements. Selon Dan Jorgensen, près de 50 millions de personnes en Europe ne sont déjà pas en mesure de chauffer correctement leur habitation lors d’un hiver normal. La situation pourrait être plus compliquée cette année en raison des prix élevés de l’énergie.
Des ménages et des industries sous pression
La hausse des prix du gaz et du pétrole concerne directement les consommateurs, mais aussi les secteurs industriels fortement dépendants de l’énergie. « Lors d’un hiver normal, près de 50 millions de personnes en Europe ne sont pas en mesure de chauffer correctement leur logement. Cet hiver pourrait être pire encore. Nous prenons donc la situation très au sérieux, sans même parler de notre industrie, qui est elle aussi sous pression », a expliqué Dan Jorgensen, cité par RTL.
L’Union européenne cherche donc à limiter les tensions sur le marché de l’énergie. Parmi les pistes envisagées figure un report d’un an d’une réglementation sur les émissions de méthane liées aux importations d’hydrocarbures. Cette législation, qui devait entrer en vigueur en 2027, pourrait être repoussée à 2028. La proposition doit encore être examinée par les États membres et le Parlement européen.
Un report de règles sur le méthane qui divise
Le texte européen vise à imposer aux entreprises qui importent des hydrocarbures dans l’Union européenne de surveiller et de déclarer leurs émissions de méthane. Ce gaz à effet de serre est considéré comme particulièrement polluant en raison de son effet sur le réchauffement climatique. La réglementation doit notamment concerner les activités liées à l’extraction et au transport des hydrocarbures importés.
Plusieurs pays producteurs d’énergies fossiles, dont les États-Unis, se sont opposés à cette réglementation. Ils estiment que ces nouvelles obligations pourraient compliquer leurs exportations vers l’Europe. Le report proposé par la Commission européenne répond aussi à une demande récente du président français Emmanuel Macron, favorable à un décalage du calendrier de mise en œuvre.
Cette décision fait néanmoins l’objet de critiques de la part d’organisations environnementales. Certaines estiment que ce changement de calendrier ne modifierait pas les prix de l’énergie et pourrait ralentir les engagements climatiques européens.








