Les fuites de données personnelles se multiplient en Belgique depuis le début de l’année 2026. Selon une enquête du journal L’Echo, menée avec la société Fox&Fish Cyberdefense, au moins 47 entreprises et institutions ont déjà été touchées par un piratage ou une fuite d’informations. Le phénomène concerne des données sensibles, allant des coordonnées personnelles aux numéros de compte bancaire, en passant par des photos de famille.
Le nombre d’organisations victimes d’une fuite de données dépasse déjà celui enregistré sur l’ensemble de l’année précédente. En 2025, le Centre pour la cybersécurité Belgique (CCB) avait recensé 40 entreprises et institutions concernées. Depuis janvier 2026, ce chiffre atteint au moins 47, selon le travail de surveillance réalisé par L’Echo et Fox&Fish Cyberdefense.
Le CCB a confirmé les résultats de cette enquête, qui repose notamment sur l’observation des informations circulant sur le dark web. Les organisations concernées appartiennent à des secteurs variés. On retrouve notamment des communes, des hôpitaux, des agences de voyages et des entreprises privées, dont les activités impliquent la collecte de nombreuses données personnelles.
Cette diversité montre que les cyberattaques ne ciblent pas uniquement les grandes entreprises. Les institutions publiques et les structures de proximité peuvent également être concernées. Pour les citoyens, une fuite peut ainsi provenir d’un organisme auquel ils ont confié leurs informations dans le cadre de démarches administratives, de soins médicaux ou de réservations de voyages.
Les spécialistes redoutent une nouvelle intensification du phénomène. Interrogé par L’Echo, Mathias Vissers, cofondateur de Fox&Fish Cyberdefense, estime que l’intelligence artificielle pourrait favoriser la multiplication des piratages et des fuites de données dans les prochains mois. Il appelle les organisations à se préparer à cette évolution des menaces informatiques.
Comment les données personnelles volées alimentent les arnaques
Les informations exposées lors de ces incidents peuvent être particulièrement sensibles. Parmi les données concernées figurent les noms, les dates de naissance, les adresses, les numéros de téléphone et les numéros de compte bancaire. Certaines fuites contiennent aussi des éléments plus personnels, notamment des photos de famille, susceptibles de porter atteinte à la vie privée des victimes.
Une fois dérobées, ces informations peuvent circuler sur le dark web, où certains fichiers sont proposés à la vente pour quelques centaines d’euros. Les données issues de plusieurs piratages peuvent également être croisées afin de constituer des profils détaillés. Cette exploitation facilite la préparation de tentatives d’escroquerie visant des personnes précises.
Le principal risque concerne notamment l’hameçonnage, ou phishing. En connaissant le nom, l’adresse ou certaines habitudes d’une victime, un escroc peut rédiger un message plus crédible et se faire passer pour une banque, une administration ou une entreprise connue. L’objectif est généralement d’obtenir des informations confidentielles ou de pousser la personne à effectuer un paiement.








