Le marché du diesel traverse une période de forte tension et une nouvelle menace venue des États-Unis inquiète les acteurs européens. Donald Trump a évoqué une possible suspension des exportations américaines de diesel afin de faire baisser les prix aux États-Unis. Une décision qui pourrait avoir l’effet inverse en Europe, où l’approvisionnement repose largement sur les importations américaines.
Cette situation intervient alors que le gazole routier a déjà atteint des niveaux records dans plusieurs pays. En Belgique, le prix du diesel a dépassé 2,50 euros le litre en début de semaine, atteignant 2,501 euros/litre. Aux États-Unis, le prix moyen du diesel s’élève à 6,53 dollars par gallon (3,78 litres), contre 3,76 dollars au début de la guerre au Moyen-Orient fin février.
Le diesel est particulièrement surveillé car il joue un rôle central dans le transport routier, l’agriculture et de nombreux secteurs économiques. Une hausse durable du prix du carburant peut donc se répercuter sur les coûts de transport et sur les prix de nombreux produits.
Une offre mondiale déjà sous pression
Donald Trump a justifié cette possible mesure par la nécessité de réduire les prix du carburant pour les consommateurs américains. « J’ai dit : “Ne vendons pas notre gasoil à l’étranger” », a déclaré le président américain, ajoutant qu’une décision pourrait être prise « rapidement ». L’objectif serait d’augmenter les volumes disponibles sur le marché américain afin de faire baisser les prix locaux. Mais une telle décision pourrait provoquer une réaction inverse sur les autres marchés, notamment en Europe.
Le marché mondial du diesel est déjà fragilisé par plusieurs facteurs. Une partie des produits raffinés provenant du Moyen-Orient est perturbée par les difficultés de transport maritime liées au conflit régional. La Russie, acteur majeur du marché des carburants, a également réduit ses exportations de diesel après des attaques ukrainiennes visant certaines raffineries. Cette baisse de disponibilité a renforcé la dépendance des importateurs aux autres fournisseurs.
Dans ce contexte, les raffineries américaines jouent un rôle important pour compenser une partie du manque d’offre. Une interruption des exportations américaines priverait donc l’Europe d’une source d’approvisionnement alors que le marché reste tendu. Selon certains analystes, le prix du diesel pourrait se rapprocher de 4 euros le litre en Europe dans le scénario d’un arrêt des exportations américaines vers le continent.
Bruxelles alerte sur les conséquences possibles
La Commission européenne suit la situation avec attention. Un porte-parole de l’exécutif européen a qualifié une éventuelle interdiction des exportations américaines de « très mauvaise idée ». Bruxelles estime que ce type de décision pourrait avoir des conséquences importantes sur les marchés internationaux. « Nous attendons de nos partenaires proches qu’ils se concertent avant de prendre des mesures ayant une incidence sur les marchés communs », a déclaré le porte-parole de la Commission, cité par Le Soir.
L’Europe dépend fortement des importations américaines de diesel. Selon les données citées par la Commission européenne, les États-Unis représentaient environ 50 % des importations européennes de diesel en août. Pour les automobilistes, les transporteurs et les professionnels utilisant des véhicules diesel, l’évolution des prochaines semaines dépendra donc de plusieurs facteurs : les décisions politiques américaines, la situation au Moyen-Orient et la capacité des producteurs à maintenir un niveau d’approvisionnement suffisant.








