La hausse des prix des carburants commence à modifier les habitudes de déplacement en Belgique. En Wallonie, les véhicules légers parcourent moins de kilomètres depuis plusieurs mois, alors que le prix du diesel a atteint un niveau record à 2,50 euros le litre.
Selon les données du gestionnaire du réseau routier wallon Sofico, les véhicules de moins de 3,5 tonnes ont parcouru 57,8 millions de kilomètres par jour en janvier 2026. En août, ce volume est descendu à 49,63 millions de kilomètres quotidiens. Sur cette période, la baisse dépasse 14 %, avec une diminution observée presque chaque mois, à l’exception de février et juillet. Ces chiffres montrent une évolution des déplacements, même si le lien direct avec la hausse des carburants reste difficile à établir.
« Nous pouvons établir des données objectives, mais c’est aux lecteurs de tirer leurs propres conclusions », explique Héloise Winandy, porte-parole de la Sofico, cité par la Libre.
Les transports en commun face aux nouvelles habitudes des Belges
La hausse des prix de l’énergie pose aussi la question du coût des transports collectifs. En Belgique, les tarifs des transports publics ne dépendent pas uniquement du prix des carburants. Ils sont fixés par les autorités publiques et encadrés par les contrats de gestion conclus avec les opérateurs. En Wallonie, la société LeTec a déjà annoncé une évolution de ses tarifs dans le cadre de son nouveau contrat de gestion. Celui-ci prévoit une hausse du taux de couverture des charges d’exploitation.
Jean-Michel Soors, administrateur général du réseau, a indiqué à RTL que cette augmentation restait inférieure à l’indexation. À Bruxelles, les tarifs de la Stib relèvent du gouvernement régional. Les discussions sur une éventuelle évolution des prix n’ont pas encore commencé. « Il y aura des discussions au gouvernement, mais elles n’ont pas encore débuté », précise le cabinet de la ministre de la Mobilité Elke Van den Brandt (Groen).
La Stib estime pour sa part que la hausse des prix du diesel reste limitée pour son activité. La société bénéficie notamment de l’électrification progressive de sa flotte de bus et d’une anticipation sur ses achats d’électricité. « À ce niveau, nous ne ressentons pas encore d’impact, car nous achetons notre électricité à l’avance via de grands contrats. Une partie de nos besoins est déjà couverte jusqu’en 2027 à des tarifs avantageux », explique Cindy Arents, porte-parole de la Stib.
La facture énergétique reste un facteur parmi d’autres pour la SNCB
La SNCB est l’un des plus gros consommateurs d’électricité en Belgique. Malgré cette forte consommation énergétique, l’évolution des tarifs des billets ne dépend pas uniquement du prix de l’électricité. « Pour autant, les tarifs des billets ne sont pas déterminés par ce seul facteur. Ils résultent en effet d’un ensemble de paramètres et s’inscrivent dans un cadre plus large défini notamment par le contrat de service public conclu avec l’État », explique Tom Guillaume, porte-parole de la SNCB.
L’entreprise ferroviaire avait déjà augmenté ses tarifs en février dernier, dans le cadre de l’évolution prévue de ses prix. La hausse des carburants semble donc avoir des effets différents selon les modes de transport. Les automobilistes wallons ont réduit leurs déplacements sur le réseau routier, mais les opérateurs publics indiquent que les conséquences directes sur leurs tarifs restent encadrées par d’autres facteurs.








