Carburants : pourquoi Bruxelles préfère conserver ses stocks plutôt que faire baisser les prix

Malgré les prix élevés des carburants, la Belgique conserve ses réserves de pétrole, faute de risque de pénurie jugé imminent.

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Carburants : pourquoi Bruxelles préfère conserver ses stocks plutôt que faire baisser les prix. Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

Alors que les prix des carburants restent élevés, plusieurs pays européens ont décidé de mettre une partie de leurs réserves de pétrole sur le marché. La Belgique a choisi une autre voie, estimant que la situation actuelle ne justifie pas une telle intervention.

Le sujet peut surprendre les automobilistes : la Belgique dispose bien de stocks stratégiques importants, mais leur fonction première n’est pas de faire baisser les prix à la pompe. Ces réserves servent avant tout à garantir l’approvisionnement du pays en cas de rupture ou de menace sérieuse sur les livraisons.

Jusqu’à 400 millions de barils libérés au niveau international

La décision belge intervient dans un contexte de fortes tensions sur le marché pétrolier. Les membres du G7 se sont engagés à libérer 100 millions de barils de pétrole et de produits pétroliers. Cette annonce s’ajoute à celle de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui avait prévu en mars la mise sur le marché progressive de 400 millions de barils. À ce stade, 325 millions de barils avaient déjà été libérés dans le cadre de cette opération, selon les informations communiquées dans le dossier.

Plusieurs pays voisins de la Belgique ont également décidé d’utiliser une partie de leurs réserves. Les Pays-Bas, l’Allemagne et la France ont ainsi annoncé des prélèvements sur leurs stocks. La France a notamment prévu de mettre sur le marché 10 millions de barils de gazole, avec l’objectif annoncé de faire baisser les prix du diesel de 12 à 18 centimes par litre. Cette utilisation des réserves répond à une logique différente selon les pays. Les stocks stratégiques peuvent servir à amortir une perturbation de l’approvisionnement, mais ils ne constituent pas un outil permanent de régulation des prix.

Pourquoi la Belgique conserve ses stocks stratégiques au lieu de baisser les prix des carburants

La Belgique n’a pas refusé de participer au dispositif international. En mars, elle avait donné son accord à la libération de 300 000 barils, conformément à la décision prise au niveau de l’AIE, rappelle RTL. Le gouvernement considère néanmoins que les conditions actuelles ne justifient pas encore leur mise sur le marché. Le cabinet du ministre de l’Énergie a indiqué à L’Echo qu’il n’existait pas, à ce stade, de menace particulière sur l’approvisionnement du pays.

Cette prudence s’explique par la fonction même de ces réserves. Les pays membres de l’AIE doivent disposer de stocks correspondant à au moins 90 jours d’importations nettes. Il s’agit d’un filet de sécurité destiné à garantir que les consommateurs et les entreprises puissent continuer à être approvisionnés en cas de crise majeure. La Belgique dispose de réserves de pétrole brut, d’essence, de diesel et de kérosène. Elles sont conservées dans des installations situées en Belgique, mais aussi dans des pays voisins.

En juillet, les stocks belges, en additionnant les réserves publiques et celles détenues par les entreprises privées, représentaient environ 110 jours d’approvisionnement sans nouvelles importations. Le gouvernement estime donc qu’une libération prématurée pourrait réduire cette marge de sécurité alors qu’aucune pénurie n’est actuellement constatée.

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