À Bruxelles, une grande partie des personnes privées d’allocations de chômage peine à retrouver une activité professionnelle rapidement. Selon les données publiées par Actiris, près de 15 500 Bruxellois ont perdu leurs droits au chômage au premier trimestre 2026 et une majorité s’est tournée vers d’autres dispositifs de soutien.
Dans les trois mois suivant la fin de leurs allocations, 47,6 % des personnes concernées sont devenues bénéficiaires d’un CPAS. À l’inverse, seulement 12,6 % ont retrouvé un emploi sur la même période, toutes durées de contrat confondues. Ces chiffres concernent des personnes qui avaient atteint la fin de leurs droits après une longue période sans emploi. La réforme vise notamment les chômeurs de plus de 20 ans et ceux ayant connu plus de huit ans de chômage.
Des personnes éloignées de l’emploi majoritairement orientées vers les aides sociales
Parmi les personnes exclues des allocations au premier trimestre 2026, 8,9 %, soit 1 381 personnes, ont rejoint le régime d’assurance maladie-invalidité (Inami). Le retour vers l’emploi reste limité. Actiris indique que 7,1 % des personnes concernées ont décroché un contrat d’au moins 28 jours dans les trois mois suivant la perte de leurs allocations.
L’organisme régional de l’emploi souligne que ces résultats s’expliquent notamment par le profil des personnes concernées. « Il est important de préciser que les taux d’emploi de ces deux premières vagues peuvent s’expliquer par le profil des chercheurs d’emploi concernés, ceux-ci étant très éloignés de l’emploi (plus de huit ans d’inoccupation) », précise Actiris, cité par DHNet.
Les données montrent également une forte fragilité sociale parmi les personnes touchées. Selon Actiris, 63,6 % des exclus disposent d’un faible niveau d’études et 39,1 % ont 50 ans ou plus. Ces caractéristiques peuvent compliquer un retour rapide sur le marché du travail, notamment dans un contexte où les employeurs recherchent des profils adaptés à leurs besoins.
Près de 27 500 Bruxellois concernés sur les six premiers mois de 2026
Au-delà du premier trimestre, l’ampleur du phénomène s’est encore accentuée. Au terme du premier semestre 2026, un total de 27 500 chercheurs d’emploi bruxellois avaient perdu leur droit aux allocations de chômage ou d’insertion. Certaines communes enregistrent une proportion élevée de personnes ayant rejoint un CPAS après une fin de droits. C’est notamment le cas d’Etterbeek, avec 57,8 %, d’Auderghem avec 53,6 %, de Bruxelles-Ville avec 52,9 % et de Saint-Gilles avec 51,7 %.
Actiris estime que la situation pourrait encore évoluer dans les prochains mois. L’organisme prévoit qu’environ 10 000 chercheurs d’emploi supplémentaires pourraient arriver en fin de droits entre juillet 2026 et juin 2027. Ces chiffres mettent en lumière les difficultés rencontrées par une partie des demandeurs d’emploi bruxellois après une longue période de chômage. Pour les personnes concernées, la fin des allocations entraîne fréquemment un changement de dispositif, avec un recours accru aux aides sociales locales.








