Budget : pourquoi la Belgique n’arrive plus à sortir du déficit depuis 2007

La Belgique accumule les déficits depuis 2007, avec des finances publiques fragilisées par une dette élevée et un solde primaire dégradé.

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Budget : pourquoi la Belgique n’arrive plus à sortir du déficit depuis 2007 ? Crédit : Shutterstock | Econostrum.info - Belgique

La Belgique n’a plus enregistré de solde budgétaire positif depuis 2007. Cette année-là, le pays avait affiché un léger excédent de 0,1 % du PIB. Depuis, les comptes publics sont restés dans le rouge, avec un déficit qui dépasse désormais 5 % du PIB.

Le phénomène ne s’explique pas par une seule crise. La Belgique a traversé la crise financière de 2008, la pandémie de Covid-19, puis la crise énergétique et les conséquences de la guerre en Ukraine. Ces épisodes ont pesé lourd sur les finances publiques. Le problème tient aussi à l’absence de redressement durable durant les périodes de croissance.

Aujourd’hui, le pays doit ramener son déficit sous le seuil de 3 % du PIB, fixé par les règles budgétaires européennes. Le gouvernement fédéral vise cet objectif à l’horizon 2029, alors que le déficit belge reste supérieur à 5 %.

Le solde primaire s’est fortement dégradé

Pour comprendre la situation, il faut regarder le solde primaire. Cet indicateur compare les recettes et les dépenses publiques en excluant les intérêts versés sur la dette. Il permet donc d’observer la situation des finances publiques avant le poids du remboursement de la dette. Selon Baudouin Regout, Commissaire au Plan, le solde primaire belge affichait encore un excédent supérieur à 6 % du PIB à la fin des années 2000. Il est aujourd’hui déficitaire de plus de 3 %.

« À la fin des années 2000, on avait un surplus de plus de 6%. Il s’est converti aujourd’hui en un déficit de plus de 3%. La différence entre les deux, c’est presque 10%. Quand on sait qu’aujourd’hui, nous avons déjà beaucoup de mal à réduire notre déficit de 5,2% pour le rapprocher de 3%, c’est-à-dire de le faire diminuer de 2,5%, on se rend compte que cette différence est absolument gigantesque », cité par la RTBF.

Cette évolution montre que le problème ne vient pas seulement des intérêts de la dette. Les dépenses publiques dépassent désormais les recettes même avant leur prise en compte. La Belgique doit aussi composer avec une dette publique élevée. Elle représente environ 107 % du PIB selon les données citées dans le dossier. Chaque déficit supplémentaire nécessite de nouveaux emprunts, ce qui alourdit progressivement la dette.

Le risque d’une dette qui s’auto-alimente

Une dette élevée n’entraîne pas automatiquement une crise. Le risque apparaît lorsque les investisseurs commencent à douter de la capacité d’un État à stabiliser ses finances. Ils peuvent alors exiger des taux d’intérêt plus élevés pour continuer à lui prêter de l’argent. Ce mécanisme peut créer un effet de boule de neige : les intérêts augmentent, les dépenses publiques progressent, le déficit se creuse et l’État doit emprunter davantage.

Une partie toujours plus importante des recettes sert alors à payer les intérêts plutôt qu’à financer d’autres dépenses. « Et si vous n’êtes pas capable de l’arrêter, à un moment donné, les banques vont dire, mais là, ça ne va plus, j’ai vraiment un problème. Donc, ce sont des choses qui peuvent se passer, qui ne sont pas théoriques, qui se sont passées dans différents pays, y compris en Europe »

Pour Baudouin Regout, la Belgique aurait pu profiter davantage des périodes de croissance pour réduire ses déficits. Les différentes crises ont aggravé les comptes, mais elles ne suffisent pas à expliquer la situation actuelle. « La Belgique aurait vraiment pu mieux faire dans ces périodes où l’économie allait bien et où, ma foi, peut-être qu’on a pêché par un peu trop d’insouciance ».

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