Électricité : ce qui se passe en Belgique n’avait jamais été observé depuis 2008

La production d’électricité en Belgique connaît une baisse historique. Une situation qui soulève des inquiétudes sur la dépendance énergétique du pays.

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Électricité : ce qui se passe en Belgique n'avait jamais été observé depuis 2008. Crédit : Shutterstock | Econostrum.info - Belgique

La production d’électricité en Belgique connaît une baisse historique. Le pays traverse une période marquée par un recul de sa production nationale et une dépendance grandissante envers ses voisins européens. Cette situation soulève des interrogations sur l’approvisionnement énergétique et la capacité du territoire à répondre à ses besoins dans les prochains mois.

Selon les dernières données publiées par le Service public fédéral (SPF) Économie, la Belgique a produit 4 021 gigawattheures (GWh) d’électricité en septembre 2026. Il s’agit du volume mensuel le plus faible enregistré depuis le lancement de cette série statistique, en janvier 2008. Cette diminution s’explique principalement par l’arrêt prolongé de deux réacteurs nucléaires, Doel 4 et Tihange 3.

Placées en maintenance depuis le début du mois d’avril, ces installations ont été indisponibles pendant plusieurs mois avant leur redémarrage récent. La production nucléaire constitue une composante importante du système électrique belge. L’indisponibilité simultanée de ces deux réacteurs a donc réduit les volumes d’électricité produits sur le territoire, obligeant le pays à davantage solliciter les réseaux de ses voisins.

Les énergies renouvelables n’ont pas entièrement compensé cette baisse. À l’approche de l’automne, la production des installations solaires et éoliennes est restée modérée, contribuant au recul du volume national d’électricité. Cette situation ne signifie pas que la Belgique manque nécessairement d’électricité. Le réseau européen interconnecté autorise les échanges transfrontaliers afin de couvrir la consommation lorsque la production nationale est insuffisante.

Importations d’électricité : la Belgique dépend fortement de la France et des Pays-Bas

La faiblesse de la production nationale s’accompagne d’une augmentation historique des importations d’électricité. Selon le SPF Économie, les achats d’électricité à l’étranger ont atteint un niveau inédit depuis le printemps 2026. Au cours du premier semestre 2026, la Belgique a importé 18,7 térawattheures (TWh) d’électricité, contre 6,2 TWh exportés vers ses partenaires européens.

Le pays affiche ainsi un solde net importateur de 12,5 TWh, un record pour cette période dans la série statistique disponible. Depuis avril, les importations d’électricité avoisinent 2 TWh par mois, illustrant le recours grandissant aux capacités de production étrangères. Les principaux fournisseurs de la Belgique sont les Pays-Bas et la France, deux partenaires majeurs des échanges énergétiques transfrontaliers.

Autre évolution inhabituelle : la Belgique est également devenue importatrice nette d’électricité vis-à-vis de l’Allemagne et du Royaume-Uni. Cette situation témoigne d’un changement dans l’équilibre des échanges avec plusieurs pays voisins. Le redémarrage récent de Doel 4 et Tihange 3 pourrait contribuer à renforcer la production nationale dans les prochains mois, sous réserve de leur disponibilité.

Pour les consommateurs, cette dépendance aux importations ne se traduit pas automatiquement par une hausse des factures. Les tarifs de l’électricité dépendent également des prix du marché européen, des contrats et des frais de réseau. L’évolution de la production belge restera néanmoins particulièrement suivie à l’approche de l’hiver.

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