Malgré la progression des véhicules électriques et hybrides, la voiture thermique reste largement présente dans les foyers belges. Selon des données publiées par Statbel, plus de la moitié des ménages belges disposait encore d’au moins une voiture thermique privée au 1er janvier 2024.
Ces chiffres montrent des différences importantes selon les revenus, la composition des ménages et les régions. Alors que certains foyers se tournent davantage vers les voitures de société ou les nouvelles motorisations, une grande partie de la population reste encore dépendante des véhicules à essence ou diesel. Cette analyse intervient dans un contexte où les prix des carburants continuent de peser sur le budget des automobilistes.
Les revenus et la composition des ménages jouent un rôle important
La possession d’une voiture thermique varie fortement selon la situation financière des ménages. Parmi les foyers disposant de revenus intermédiaires, environ deux tiers possèdent uniquement des voitures thermiques privées. À l’inverse, les ménages aux revenus les plus faibles sont plus nombreux à ne pas avoir de véhicule. Chez les foyers les plus aisés, la voiture de société occupe une place plus importante dans les modes de déplacement.
La composition du ménage influence également fortement l’équipement automobile. Les couples sans enfant affichent le taux le plus élevé de possession de voitures thermiques privées, avec 67,6 % des ménages concernés. Les personnes vivant seules présentent une situation différente. Elles représentent 36,2 % des ménages belges et près d’une personne isolée sur deux ne possède pas de voiture, soit 49 %.
Parmi les personnes seules disposant d’un véhicule, 43 % ont uniquement une voiture thermique privée à leur disposition. Les familles monoparentales sont également davantage concernées par l’absence de voiture. Près de 30,2 % d’entre elles n’ont aucun véhicule. À l’inverse, cette proportion descend à 10,3 % pour les couples avec enfants.

Des différences marquées selon les territoires
La localisation géographique joue aussi un rôle dans la dépendance à la voiture thermique. Selon Statbel, les grandes agglomérations comptent davantage de ménages utilisant les transports en commun, ce qui réduit le besoin d’un véhicule personnel. Dans les zones moins bien desservies par les transports collectifs, la voiture reste davantage nécessaire pour les déplacements quotidiens. La dépendance aux véhicules thermiques reste notamment élevée le long de la frontière française, dans le Condroz et en province de Luxembourg.

Ces écarts s’expliquent notamment par la distance entre les lieux de vie, de travail et de services. Dans certaines zones rurales, l’absence d’alternatives de transport rend la voiture difficile à remplacer. Les données de Statbel montrent donc une transition automobile encore très inégale en Belgique. Si certaines catégories de ménages adoptent progressivement d’autres solutions de mobilité, une grande partie des foyers continue de s’appuyer sur les véhicules thermiques pour leurs déplacements quotidiens.








