Un épisode exceptionnellement puissant d’El Niño pourrait provoquer une hausse importante des températures dans plusieurs régions du monde au cours des prochains mois. Selon une étude du Climate Impact Lab, encore en attente d’une validation par un comité de lecture, cet événement climatique pourrait être associé à plus de 450 000 décès supplémentaires liés à la chaleur entre septembre 2026 et février 2027.
Pour parvenir à cette estimation, les chercheurs ont étudié les données de 24 378 régions dans le monde. Ils ont analysé l’évolution mensuelle des températures et le nombre de décès supplémentaires associés aux fortes chaleurs entre 1996 et 2025. Les scientifiques ont ensuite appliqué les relations observées dans ces données historiques aux prévisions de températures liées au nouvel épisode d’El Niño. Cette méthode leur a permis d’évaluer les conséquences sanitaires possibles d’une période de chaleur exceptionnelle.
Ces chiffres concernent uniquement les effets directs des températures élevées. Ils ne prennent pas en compte d’autres conséquences possibles liées au phénomène, comme les incendies de forêt, les sécheresses ou certaines inondations.
Un phénomène naturel amplifié par le contexte climatique actuel
El Niño est un phénomène climatique naturel qui apparaît généralement tous les deux à sept ans. Il correspond à un réchauffement inhabituel des eaux de surface du Pacifique équatorial, ce qui modifie les températures et les précipitations à l’échelle mondiale. Cet épisode est surnommé « Super El Niño » ou « Godzilla El Niño » en raison de son intensité. Les scientifiques rappellent néanmoins que ce phénomène reste lié aux cycles naturels du climat.
Le contexte actuel de réchauffement mondial peut renforcer certains de ses effets. Des températures moyennes plus élevées augmentent l’exposition des populations aux épisodes de chaleur extrême. Selon les estimations relayées par le Guardian, plusieurs régions pourraient être particulièrement touchées, notamment le Sahel, l’Asie du Sud-Est, l’Inde et le Brésil. Les États-Unis pourraient également subir des conséquences sanitaires. L’étude évoque environ 3 500 décès supplémentaires liés à la chaleur dans le pays.
Les effets pourraient aussi concerner l’alimentation. Le Programme alimentaire mondial a alerté sur les risques liés aux perturbations agricoles provoquées par les événements associés à El Niño. Selon l’organisation, cet épisode pourrait « faire basculer au moins 49 millions de personnes supplémentaires dans l’insécurité alimentaire aiguë d’ici à fin 2027 ». Les périodes de sécheresse, les difficultés agricoles et les variations des précipitations pourraient fragiliser certaines régions déjà confrontées à des problèmes d’accès aux ressources alimentaires.
Des mesures envisagées pour limiter les effets des fortes chaleurs
Face aux risques annoncés, les chercheurs mettent en avant plusieurs pistes pour réduire les conséquences sanitaires des épisodes de chaleur. Ils recommandent notamment une meilleure anticipation des périodes de fortes températures, la création d’espaces de rafraîchissement pour les populations exposées, le renforcement des équipes médicales lors des épisodes extrêmes et une meilleure protection des travailleurs en extérieur.
Les systèmes d’alerte jouent également un rôle important pour informer rapidement les habitants et adapter les comportements face aux risques. Les scientifiques rappellent que ces réponses doivent s’inscrire dans une réflexion plus large sur l’évolution du climat. El Niño reste un phénomène naturel, mais il intervient dans un contexte où les températures mondiales ont déjà augmenté.
L’évolution réelle de cet épisode sera suivie dans les prochains mois grâce aux observations météorologiques et océaniques. Les chercheurs continueront d’analyser son intensité et ses conséquences dans les différentes régions du monde.








