El Niño revient sur le devant de la scène et pourrait peser sur la météo des prochains mois. Le phénomène inquiète déjà les climatologues par son intensité attendue. La Belgique ne sera pas épargnée par ses effets indirects.
El Niño revient tous les deux à sept ans. Il correspond à un réchauffement inhabituel des eaux de surface du Pacifique équatorial, accompagné de changements dans la circulation atmosphérique. « Le vent change de sens, il va de l’Australie vers l’Amérique du Sud, du coup il pleut ici, il fait sec là-bas. Et en allant par là, il empêche l’eau froide de remonter et du coup on a cette anomalie chaude en surface de l’océan », explique à RTL Xavier Fettweis, climatologue à l’université de Liège.
Le phénomène devrait rester actif jusqu’en février 2027, avec un pic attendu vers la fin de l’année 2026. Son intensité pourrait être particulièrement forte, notamment dans l’hémisphère sud.
Des pluies intenses, des sécheresses et des chaleurs selon les régions
Les conséquences d’El Niño varient fortement d’une partie du globe à l’autre. Certaines régions peuvent connaître des précipitations intenses et des inondations, tandis que d’autres sont davantage exposées à la sécheresse ou aux températures extrêmes. « Dans certaines régions, nous devrions observer de fortes pluies et des inondations. Dans d’autres, des sécheresses. Dans d’autres encore, une augmentation ou une diminution des vagues de chaleur extrême ou de l’activité cyclonique tropicale », indique Céleste Saulo, secrétaire générale de l’Organisation météorologique mondiale.
L’hémisphère sud devrait être particulièrement exposé aux variations des précipitations, aux incendies et à l’activité cyclonique. La situation différera malgré tout selon les régions et les conditions atmosphériques locales. El Niño peut aussi tirer temporairement la température moyenne mondiale vers le haut en favorisant le transfert de chaleur du Pacifique vers l’atmosphère. Son retour intervient alors que le réchauffement climatique place déjà les températures mondiales à des niveaux élevés.
« L’année suivante d’un événement El Niño, souvent, ça rehausse la température globale partout sur Terre. Et donc ici, en 2027, on pourrait s’attendre à observer l’année la plus chaude jamais enregistrée sur Terre », prévoit Xavier Fettweis. Il s’agit à ce stade d’une possibilité et non d’une certitude. El Niño se superpose au réchauffement lié aux activités humaines, mais d’autres phénomènes océaniques et atmosphériques participeront également aux températures observées en 2027.
En Belgique, un hiver doux, humide et venteux est possible
L’influence d’El Niño est moins directe en Europe que dans les régions proches du Pacifique. Les conséquences précises pour la Belgique restent donc plus difficiles à anticiper plusieurs mois à l’avance. Xavier Fettweis envisage malgré tout un renforcement de la circulation atmosphérique venant de l’ouest. « Chez nous, l’impact en hiver, c’est souvent quand on a El Niño, on a un renforcement de la dynamique atmosphérique. Cela veut dire une circulation d’ouest, beaucoup de vent, beaucoup de précipitations et beaucoup de douceur en hiver ».
Ce scénario favoriserait un hiver 2026-2027 doux, humide et venteux en Belgique. Des températures supérieures aux normales rendraient également la neige moins fréquente en plaine. Cela n’exclut pas des épisodes froids ou neigeux ponctuels. La température élevée de l’Atlantique et de la Méditerranée après l’été 2026 constitue un autre paramètre surveillé par les climatologues. Des mers chaudes peuvent apporter davantage d’humidité aux masses d’air lorsque les conditions atmosphériques s’y prêtent.
L’été 2027 suscite lui aussi des interrogations. Si El Niño contribue à pousser la température mondiale vers de nouveaux sommets, la Belgique pourrait connaître une nouvelle saison chaude. Il reste trop tôt pour annoncer précisément la météo belge plusieurs saisons à l’avance : celle-ci dépendra aussi de la circulation atmosphérique sur l’Europe et l’Atlantique.








