Réforme fiscale : ce que les travailleurs belges pourraient réellement gagner

La réforme fiscale continue d’alimenter la controverse en Belgique, alors que les estimations de gains divergent selon les partis.

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Réforme fiscale : ce que les travailleurs belges pourraient réellement gagner. Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

Le PTB remet en cause les montants avancés par le MR sur les gains attendus de la réforme fiscale portée par la coalition Arizona. Selon les calculs du parti de gauche radicale, certains travailleurs recevraient nettement moins que les sommes présentées par les libéraux francophones.

Depuis la formation du gouvernement fédéral, les effets de la réforme fiscale sur le revenu des travailleurs alimentent les échanges politiques. La somme de 500 euros nets par mois a été évoquée à plusieurs reprises. La majorité a ensuite précisé que ce montant désignait l’écart entre les revenus d’une personne en emploi et ceux d’une personne au chômage. Cette comparaison ne correspond donc pas nécessairement au gain mensuel qu’un même travailleur obtiendrait grâce aux nouvelles règles fiscales.

Le MR met en avant plusieurs exemples de ménages

Après le vote de la réforme de l’impôt des personnes physiques, le MR a publié une vidéo destinée à illustrer les gains attendus. Dans l’un des cas présentés, un couple avec deux enfants pourrait recevoir jusqu’à 4 944 euros supplémentaires par an, soit 412 euros par mois. La communication met en scène plusieurs responsables politiques, parmi lesquels Georges-Louis Bouchez, David Clarinval, Bart De Wever, Mathieu Bihet et Éléonore Simonet.

Le PTB affirme avoir recalculé les gains à partir des chiffres figurant dans le texte du ministre des Finances Jan Jambon. Pour un couple avec deux enfants, composé de deux travailleurs gagnant chacun 2 300 euros bruts, le parti arrive à un gain de 283 euros nets par mois. L’écart avec le montant présenté par le MR atteint donc 129 euros par mois. Pour un parent isolé à revenu modeste, le MR annonce 212 euros mensuels. Le PTB obtient pour sa part 163 euros, soit une différence de 49 euros.

Dans le cas d’un travailleur sans enfant, le MR évoque 206 euros par mois, contre 120 euros selon les calculs du PTB. L’écart atteint ici 86 euros mensuels.

Une hausse progressive de la part non taxée

La réforme repose notamment sur une augmentation de la part des revenus exemptée d’impôt. Actuellement fixée à 10 910 euros, cette quotité devrait atteindre 15 600 euros pour les revenus de 2030. Le texte prévoit aussi la suppression ou la modification de plusieurs avantages fiscaux, parmi lesquels le quotient conjugal et certaines réductions liées aux pensions. D’autres dispositifs doivent évoluer, comme le bonus fiscal, les avantages pour enfants à charge et la cotisation spéciale de sécurité sociale.

Deux lectures opposées de la réforme fiscale

Le MR présente la réforme comme un gain concret pour les travailleurs et les familles. Le PTB estime au contraire que les montants communiqués sont trop élevés par rapport aux calculs issus du texte voté. Sofie Merckx, cheffe de groupe PTB à la Chambre, accuse les libéraux francophones de gonfler les chiffres et affirme que les résultats restent éloignés des 500 euros évoqués dans le débat public. La portée réelle de la réforme dépendra du revenu, de la composition du ménage et de l’entrée en vigueur progressive des différentes dispositions. Les gains ne seront donc pas identiques pour tous les contribuables.

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