Énergie en Belgique : les ménages paient-ils vraiment quinze fois plus que les industriels ?

En Belgique, le coût de l’énergie ravive le débat sur l’écart entre la facture des ménages et les avantages accordés aux grands industriels.

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Énergie en Belgique : les ménages paient-ils vraiment quinze fois plus que les industriels ? Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

Le prix de l’énergie ne pèse pas de la même manière sur les ménages et les grands industriels belges. Un nouveau rapport de Greenpeace met en lumière cet écart fiscal et relance le débat sur les aides publiques accordées aux secteurs les plus polluants.

Selon Greenpeace Belgique, les ménages paient jusqu’à quinze fois plus d’accises par mégawattheure de gaz que les plus grands consommateurs industriels. L’écart devrait rester élevé avec le transfert fiscal prévu par le gouvernement fédéral. À partir d’août 2026, les accises appliquées aux particuliers doivent augmenter progressivement pour atteindre 14,45 euros par MWh en 2029.

Dans le même temps, les industries énergivores conserveraient des tarifs préférentiels compris entre 0,69 et 1,66 euro par MWh, selon l’organisation environnementale. Greenpeace estime que cette différence fait peser une part disproportionnée de la fiscalité énergétique sur les foyers, alors que les plus gros consommateurs bénéficient de régimes réduits.

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Crédit : Econostrum

Jusqu’à 7,4 milliards d’euros de soutiens recensés

Le rapport chiffre entre 5,7 et 7,4 milliards d’euros par an les soutiens liés à l’énergie et au climat accordés à l’industrie belge. Cette somme ne correspond pas uniquement à des versements directs. Elle regroupe la valeur estimée des quotas d’émission gratuits, les compensations liées au prix de l’électricité et les recettes fiscales auxquelles les pouvoirs publics renoncent par le biais d’exonérations ou de taux réduits.

Pour l’année 2024, environ 1,7 milliard d’euros correspondrait à la valeur des quotas d’émission gratuits attribués dans le cadre du système européen d’échange de quotas. Greenpeace demande que ces fonds soient davantage orientés vers la rénovation des logements, les réseaux électriques, les transports collectifs et le soutien aux ménages.

Pourquoi des quotas sont-ils distribués gratuitement ?

Le système européen d’échange de quotas impose aux entreprises concernées de détenir un droit pour chaque tonne de CO₂ rejetée. Une partie de ces droits reste attribuée gratuitement à certains secteurs industriels. Selon la Commission européenne, ce dispositif vise à limiter le risque de « fuite de carbone ».

Cette expression désigne le déplacement d’une production industrielle vers un pays où les règles climatiques sont moins strictes. Les autorités européennes cherchent ainsi à éviter que des usines quittent l’Union sans baisse réelle des émissions mondiales. Greenpeace juge que le système va trop loin lorsque des entreprises reçoivent davantage de quotas que leurs rejets réels.

ArcelorMittal au centre des critiques

Le rapport cite notamment le site d’ArcelorMittal à Gand. Sur la période analysée, l’entreprise aurait rejeté 20,8 millions de tonnes de CO₂, tout en recevant 37,3 millions de quotas gratuits. La valeur cumulée des droits accordés au groupe dépasserait 2,6 milliards d’euros, selon les chiffres relayés par La Libre.

Les quotas non utilisés peuvent être conservés ou revendus. Pour Greenpeace, cette situation réduit la pression financière censée pousser les sites industriels à diminuer leurs émissions. Le gouvernement fédéral cherche actuellement plusieurs milliards d’euros pour redresser les finances publiques. Greenpeace estime que les soutiens aux secteurs les plus polluants doivent être examinés avant de demander de nouveaux efforts aux ménages.

Une réduction trop rapide des avantages industriels pourrait aussi renchérir la production belge ou favoriser des délocalisations. Le débat porte donc sur les conditions associées aux aides, leur durée et les engagements demandés aux entreprises. La comparaison avancée par Greenpeace repose sur des données publiques, mais elle met face à face des profils de consommation très différents.

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