Depuis plus de dix ans, le secteur pharmaceutique dominait les classements de l’attractivité professionnelle en Belgique. Toutefois, une nouvelle ère s’amorce : pour la première fois depuis 2009, il laisse sa place à l’aéronautique, selon les résultats de l’enquête Randstad Employer Brand Research, publiée jeudi.
Ce renversement marque une évolution significative des priorités des travailleurs belges et des investisseurs, mettant en lumière un changement de cap dans les secteurs en vogue. L’étude, menée auprès de plus de 12 000 personnes, offre un aperçu précieux des dynamiques de l’emploi et de l’évolution des perceptions des grandes entreprises belges.
L’aéronautique : un secteur résilient et en pleine ascension
L’aéronautique, secteur longtemps sous-estimé, a gagné des points de manière spectaculaire ces dernières années. Pour 2025, l’aéronautique est arrivée en tête du classement de l’attractivité des secteurs, surpassant la pharmacie avec un score de 47,4 % contre 46,3 % pour la pharma, d’après le classement de Randstad . Bien que son score ait légèrement baissé d’environ un point par rapport à l’année précédente, l’aéronautique reste une valeur sûre dans les préférences des travailleurs belges.
Un facteur clé dans cette performance exceptionnelle réside dans la reprise rapide du secteur après la pandémie. Selon Wim Van der Linden, porte-parole de Randstad, l’attractivité du secteur n’a jamais été affectée par la crise sanitaire. Dès la levée des restrictions de voyage en 2022, les compagnies aériennes ont observé une augmentation continue du nombre de passagers. D’après l’IATA (Association internationale du transport aérien), le secteur a même retrouvé son niveau d’avant-crise en 2024, et certaines régions enregistrent davantage de vols qu’avant la pandémie. En outre, l’engouement pour le « revenge travel » — ce phénomène où les consommateurs cherchent à compenser les voyages perdus durant la crise — contribue à l’attractivité de l’aéronautique, notamment en raison de la perspective d’un environnement de travail dynamique et international.
Cette dynamique est d’autant plus marquée dans un contexte où la stabilité de l’emploi et l’opportunité de travailler dans un environnement innovant et à l’échelle mondiale semblent répondre aux aspirations des travailleurs belges, notamment les jeunes générations. L’aéronautique offre ainsi un secteur à la fois solide et en pleine croissance, avec des perspectives professionnelles variées et un avenir prometteur, des atouts qui expliquent sa montée en flèche dans le classement de l’attractivité.
La pharma en recul : une tendance à inverser ?
Bien que le secteur pharmaceutique ait longtemps occupé la première place en matière d’attractivité en Belgique, il recule cette année à la deuxième position. Son score a chuté de plus de deux points, passant de 48,5 % à 46,3 %. Ce recul, bien qu’apparemment léger, révèle une tendance plus profonde : l’industrie pharmaceutique belge perd progressivement de son attrait, notamment auprès des jeunes talents.
Il est important de souligner que cette situation ne résulte pas d’un déclin global du secteur, mais plutôt de changements dans la perception de son environnement. Les défis économiques mondiaux, tels que l’augmentation des coûts de production et la pression sur les prix des médicaments, n’ont pas facilité la situation. En outre, l’innovation, bien que présente, semble moins rapide comparée à d’autres secteurs comme l’aéronautique, la technologie ou les énergies renouvelables. Les jeunes professionnels, qui recherchent souvent des environnements de travail dynamiques et évolutifs, semblent moins attirés par les emplois dans la pharma, une industrie perçue comme plus stable mais aussi plus rigide.
Le secteur fait face à un vieillissement de sa main-d’œuvre et à une difficulté à renouveler ses talents, surtout dans des domaines spécifiques de la recherche et de la production. Parallèlement, l’accent mis sur les carrières technologiques, plus axées sur l’innovation et les nouvelles technologies, pousse certains jeunes à se détourner des secteurs traditionnels comme la pharmacie au profit de domaines perçus comme plus agiles et mieux rémunérés.








