Le Sénat veut empêcher les constructeurs de vendre des voitures neuves sans récepteur radio. Adoptée le 13 octobre, une proposition de loi prévoit aussi d’accélérer le passage au DAB+, la radio numérique terrestre, pour préserver un média écouté chaque jour par des millions de Français.
Les automobilistes pourraient bientôt ne plus avoir le choix : les véhicules neufs devraient tous intégrer un récepteur radio compatible avec la FM et le DAB+. C’est l’une des principales mesures de la proposition de loi relative à la modernisation de la radio, portée par le sénateur centriste Laurent Lafon et adoptée en première lecture par le Sénat, mardi 13 octobre. Le texte doit désormais poursuivre son parcours parlementaire à l’Assemblée nationale.
Cette mesure répond à une évolution du marché automobile. Certains constructeurs proposent désormais des modèles dont le système multimédia repose uniquement sur une connexion au téléphone portable. Sans récepteur intégré, l’écoute de la radio dépend alors d’une connexion internet et des réseaux de télécommunications.
Le problème concerne surtout les voitures sans permis, dont les ventes ont triplé entre 2019 et 2023. Ces véhicules ne sont généralement pas équipés d’un autoradio de série, sauf en option. Pourtant, la voiture reste un lieu d’écoute important. En effet, selon un rapport du Sénat, environ un tiers de l’audience radiophonique est réalisé au volant.
Ainsi, l’enjeu dépasse le simple accès à la musique. La radio hertzienne peut continuer à diffuser des informations sans nécessiter de connexion mobile. Elle conserve ainsi un rôle particulier en cas de catastrophe naturelle ou de perturbation des réseaux. La ministre de la Culture, Catherine Pégard, a soutenu cette initiative, estimant qu’elle pourrait « renforcer un média de référence pour tous les Français », notamment en période de crise.
Le DAB+ et les publicités également concernés
Le texte vise aussi à accélérer le déploiement du DAB+, une technologie de diffusion numérique comparable à la TNT pour la télévision. À la fin de 2025, 98 % des voitures particulières neuves commercialisées en France intégraient déjà cette technologie. Le projet ne vise pas seulement à généraliser le numérique dans les véhicules. Il entend également empêcher la disparition du récepteur radio lui-même.

Aussi, les industriels devront adapter leurs équipements radio. Le texte prévoit un délai de 2 ans après la promulgation de la loi pour que les équipements vendus aux distributeurs permettent de recevoir la radio numérique terrestre. Les récepteurs vendus directement aux consommateurs disposeraient, eux, d’un délai de trois ans. Ces échéances ne commenceront donc à courir qu’après la promulgation de la loi, si le dispositif est définitivement adopté.
Cette accélération doit soutenir un secteur confronté à une baisse de son audience. Selon les chiffres présentés au Sénat, 38 millions de Français écoutent quotidiennement la radio, mais son audience a reculé de 18 % en dix ans. Internet représente désormais 27 % de l’écoute radiophonique, tandis que le DAB+ ne pèse encore que 7,8 % de l’audience en direct. La couverture de cette technologie doit bientôt atteindre les deux tiers de la population métropolitaine et 90 % du réseau autoroutier.
Enfin, la proposition de loi prévoit d’assouplir certaines obligations publicitaires. Les radios pourraient remplacer des mentions préventives comme « L’abus d’alcool est dangereux pour la santé » ou « Mangez au moins cinq fruits et légumes par jour » par des campagnes d’intérêt général ou des programmes d’information consacrés aux mêmes sujets, sous réserve de respecter les conditions fixées par l’Arcom. L’objectif affiché est d’alléger les contraintes pesant sur les stations tout en maintenant l’information du public.








