Permis de conduire : les auto-écoles pourraient augmenter leurs tarifs de 200 euros

Les auto-écoles font face à la flambée des carburants et envisagent une hausse du prix du permis, qui pourrait alourdir la facture des candidats.

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Permis de conduire
Permis de conduire : les auto-écoles pourraient augmenter leurs tarifs de 200 euros. Crédit : Maxppp | Econostrum.info

En France, la flambée des prix des carburants pénalisent de nombreux secteurs. Pour les auto-écoles, la situation devient compliquée. Pour plusieurs établissements, une augmentation des tarifs devient une obligation, un coup dur pour les nombreuses personnes qui passent le permis de conduire chaque année.

Bien que le gouvernement ait mis en place des aides pour amortir la hausse des prix des carburants, les 11 000 auto-écoles françaises restent exclues de ces dispositifs. Pour ces entreprises, la situation devient donc de plus en plus difficile à supporter. Il faut dire, leurs voitures peuvent parcourir entre 45 000 et 60 000 kilomètres par an, selon plusieurs professionnels interrogés par l’AFP.

Vincent Rageul, gérant d’établissements à Rennes et président régional de l’École de conduite française (ECF), estime que les dépenses consacrées à l’essence ont augmenté de 30 à 40 % depuis le début de la crise, rapporte BFMTV.

Jusqu’à 200 euros supplémentaires sur le prix du permis

Le carburant pèse directement sur les coûts des leçons de conduite. Une auto-école rennaise, Republik, chiffre ainsi à 10 000 euros le surcoût enregistré sur son budget carburant au cours des neuf derniers mois. Les établissements disposent de plusieurs moyens pour limiter cette facture. L’écoconduite peut réduire la consommation des véhicules et certaines écoles utilisent davantage les simulateurs. La réglementation autorise jusqu’à 10 heures de formation sur simulateur dans le parcours de formation au permis B.

Ces économies ne suffisent pas toujours. Les marges dégagées sur les heures de conduite sont déjà faibles. Lorenzo Lefebvre, président de la branche éducation et sécurité routière de Mobilians, les estime entre 2 et 4 euros par cours de conduite. La hausse du carburant vient donc réduire encore la marge disponible. « Il y aura fatalement une augmentation du coût de la formation », regrette-t-il, en s’inquiétant « On est dans un piège, parce que si ça augmente, les jeunes vont moins venir ».

Patrick Mirousse, président de l’ECF, estime que la hausse pourrait atteindre 150 à 200 euros sur un forfait actuellement facturé autour de 1 600 euros. Cela représenterait une augmentation de 9,4 à 12,5 % sur ce forfait. Pour les candidats au permis, cette évolution intervient alors que le coût de la formation constitue déjà un frein. Selon un baromètre Wimoov publié en septembre, 36 % des 18-24 ans ne possèdent pas le permis de conduire, principalement pour des raisons financières.

Les voitures électriques peuvent réduire la facture de carburant

Certaines auto-écoles cherchent aussi à réduire leur dépendance aux carburants fossiles en passant à l’électrique. À Rennes, l’auto-école ADav a ainsi intégré une voiture électrique à sa flotte. Son gérant, Dave Abissoina, explique avoir installé une borne de recharge lors de la création de son établissement. « Pour 320km d’autonomie, le plein d’électricité me revient entre 5 et 9 euros », contre « 80 euros le plein » d’une voiture thermique pour 600km d’autonomie, se félicite-t-il.

Le calcul est donc particulièrement favorable au véhicule électrique sur le coût de l’énergie. Mais cette transition ne peut pas être généralisée facilement. La formation en boîte manuelle reste majoritaire et l’offre de véhicules électriques adaptés aux besoins des auto-écoles demeure limitée. L’installation de bornes pose aussi des difficultés aux établissements situés dans les centres-villes, où les possibilités de stationnement et de recharge ne sont pas toujours suffisantes.

Face à la situation, l’ECF demande à l’État des aides ponctuelles pour les écoles de conduite, avant une transition plus durable vers des flottes électrifiées. Pour les jeunes qui désirent passer le permis, une hausse de 150 à 200 euros pourrait donc fragiliser encore plus leurs finances.

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