Un changement important pourrait toucher les APL étudiants dans les prochaines années. Les revenus des parents pourraient être intégrés dans le calcul des aides au logement pour les étudiants rattachés fiscalement à leurs parents. Ce n’est pas encore une décision gouvernementale mais seulement une proposition de l’Inspection générale des finances (IGF) et de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS). Si cette piste était retenue dans le budget 2027, elle pourrait réduire l’aide de 310 000 familles et supprimer totalement les versements pour 200 000 d’entre elles.
Pour le moment, aucune réforme n’a été adoptée et aucun nouveau barème n’a été fixé. Il s’agit uniquement d’une recommandation formulée dans un rapport publié en juin 2026. Mais les premières simulations donnent déjà une idée de l’impact potentiel sur le budget des étudiants et de leurs familles.
APL étudiants : un changement de calcul qui pourrait modifier les aides actuelles
Aujourd’hui, les APL étudiants sont calculées principalement à partir de la situation et des ressources de l’étudiant, sans intégrer directement les revenus des parents dans la majorité des cas. Un jeune peut donc rester rattaché fiscalement à ses parents tout en percevant une aide au logement pour son propre appartement.
Le rapport de l’IGF et de l’IGAS propose de revoir ce fonctionnement en prenant davantage en compte les revenus parentaux lorsque l’étudiant appartient encore au foyer fiscal familial. L’objectif affiché serait de réaliser environ 550 millions d’euros d’économies par an sur les dépenses liées aux aides au logement.
Selon les estimations présentées dans le rapport, 310 000 foyers pourraient voir leur aide diminuer. Parmi eux, environ 200 000 perdraient totalement leur APL étudiants. Cette suppression représenterait une perte importante pour certains jeunes, alors que l’aide moyenne versée aux étudiants est estimée autour de 200 euros par mois.
La situation actuelle permet aussi aux étudiants de bénéficier d’une aide même lorsqu’ils restent fiscalement liés à leurs parents. En revanche, lorsqu’un étudiant devient lui-même allocataire auprès de la Caf, il n’est plus considéré comme étant à charge au sens des prestations familiales, ce qui peut avoir des conséquences sur les allocations perçues par ses parents.
APL étudiants : une baisse qui pourrait aussi concerner les classes moyennes
Contrairement à une idée répandue, la mesure envisagée ne viserait pas uniquement les familles aux revenus les plus élevés. Le rapport estime que 40 % des étudiants bénéficiaires appartiennent aux deux déciles de revenus les plus élevés, mais l’application d’un nouveau calcul pourrait aussi toucher d’autres catégories selon les critères retenus.
Les simulations évoquent un seuil de 18 920 euros utilisé pour évaluer l’impact potentiel de la réforme. Au-delà de ce niveau de ressources parentales, une partie des revenus familiaux pourrait être prise en compte dans le calcul de l’aide. Ce montant ne correspond toutefois pas à un seuil officiel de suppression des APL étudiants, puisqu’aucune règle définitive n’a encore été arrêtée.
La principale difficulté soulevée par les associations concerne le lien entre revenus des parents et soutien réel apporté à l’étudiant. Deux familles avec un niveau de revenus similaire peuvent avoir des situations très différentes : certaines aident largement leur enfant, tandis que d’autres ne peuvent pas ou ne souhaitent pas financer ses dépenses.
« Un étudiant n’est pas un enfant, c’est un adulte en formation. Il n’y a pas de raison de le considérer comme s’il était encore à la charge de ses parents, ce qui, bien souvent, n’est pas le cas », estime Eléonore Schmitt, chargée de plaidoyer à la Fondation pour le logement.
APL étudiants : jusqu’à plusieurs milliers d’euros de perte annuelle possible
Les conséquences financières pourraient être importantes pour certains bénéficiaires. D’après les exemples étudiés dans le rapport, un étudiant seul vivant dans une zone où les loyers sont élevés pourrait perdre plusieurs centaines d’euros par mois si son aide était supprimée.
Pour un étudiant non boursier vivant en zone I, l’aide actuelle simulée atteint environ 242 euros par mois, soit une perte potentielle de 2 904 euros sur une année complète en cas de suppression. Pour un étudiant boursier dans une situation comparable, l’aide pourrait atteindre environ 297 euros mensuels, représentant une perte annuelle de 3 564 euros.
Dans certaines configurations familiales, les montants pourraient être encore plus élevés. Le rapport cite notamment des pertes annuelles pouvant atteindre 3 684 euros pour un étudiant non boursier et 4 140 euros pour un étudiant boursier vivant dans un foyer.
Pour l’instant, les étudiants continuent de bénéficier des règles actuelles. Les aides au logement restent accessibles sous conditions de ressources et de logement, avec un calcul réalisé par la Caf selon la situation personnelle du demandeur.
La question des APL étudiants devrait donc revenir au centre des discussions lors de la préparation du budget 2027. Si la réforme est retenue, son impact dépendra du barème final, des revenus pris en compte et des situations familiales concernées.








