Une violente tempête avait frappé la France entre le 6 et le 8 novembre 1982, avec des rafales dépassant les 200 km/h et des pluies exceptionnelles dans le Sud. Quarante-quatre ans plus tard, une dépression similaire à cette perturbation météorologique se creuse sur l’Atlantique à l’approche de la deuxième semaine de novembre.
En ce début novembre, les hautes pressions maintiennent encore un temps relativement calme sur une grande partie du pays. Une goutte froide a, néanmoins, apporté de l’instabilité sur le pourtour méditerranéen. La situation doit évoluer à partir du week-end des 7 et 8 novembre, avec l’approche d’une dépression venue des Açores. Celle-ci devrait progressivement étendre son influence vers la France.
En 1982, un écart de pression de 35 hPa entre Nice et Bordeaux
Comme le souligne la Météo Paris, la ressemblance de cette dépression à venir avec l’épisode de 1982 tient d’abord à la position des centres d’action. À l’époque, une profonde dépression s’était formée dans l’Atlantique, entre les Açores et le Portugal. Elle avait, par la suite, progressé vers le nord-ouest de la France, tandis qu’un puissant anticyclone se maintenait sur l’Europe centrale et s’étendait jusqu’au nord de l’Italie.
Cette opposition avait créé un gradient de pression particulièrement marqué. Entre le 7 et le 8 novembre, l’écart atteignait jusqu’à 35 hectopascals (hPa) entre Nice et Bordeaux. Une différence qui avait provoqué un net renforcement du vent sur une large partie du territoire.
Ainsi, les rafales les plus violentes avaient touché les reliefs du Sud et les abords de la Méditerranée, le 7 novembre. Elles avaient dépassé 170 km/h dans plusieurs secteurs du Massif central, des Alpes ainsi que des Pyrénées. Les mesures avaient atteint 165 km/h à Sète, 148 km/h sur les monts du Lyonnais et 144 km/h à Bourg-Saint-Maurice. Au sommet du mont Aigoual, une rafale d’au moins 216 km/h avait été enregistrée. L’anémomètre de l’époque avait même atteint sa limite de mesure.
Le lendemain, le vent avait continué à souffler très fort. Dans le nord du pays, des rafales de 100 à 120 km/h sur une grande partie du Nord-Ouest et localement plus de 130 km/h près de l’embouchure de la Loire avait été relevées.
Les conséquences avaient été lourdes. Plus de 700 000 foyers avaient été privés d’électricité. Les forêts avaient subi des dégâts considérables, avec environ 11 millions de mètres cubes de chablis, c’est-à-dire des arbres déracinés ou brisés. Le port de Sète avait également été endommagé par la houle et une surcote marine de 1,5 mètre.
La tempête avait aussi provoqué un épisode pluvieux majeur. Les Pyrénées-Orientales, les Cévennes et le sud des Alpes avaient reçu des quantités d’eau exceptionnelles. À Py, dans les Pyrénées-Orientales, le cumul avait atteint 610 mm en trois jours. Le bilan humain s’était élevé à 15 morts et 60 blessés en France, auxquels s’ajoutaient 12 décès en Andorre, rappelle Météo Paris.
Une dépression moins menaçante pour la France
Certes, la situation attendue la semaine du 9 au 15 novembre présente des similitudes, mais sa trajectoire devrait être différente. Selon les prévisions, le centre dépressionnaire doit d’abord rester au large de l’Europe occidentale avant de se rapprocher lentement de la France. Il devrait également perdre de son intensité en progressant.
Le vent de sud à sud-est devrait se renforcer sur les reliefs du Sud et près de la Méditerranée en début de semaine. Toutefois, les rafales envisagées restent nettement inférieures à celles de novembre 1982. Le risque de vents plus forts sur l’ouest du pays pourrait augmenter en fin de semaine, avec l’approche de la dépression atlantique. Une évolution qui reste néanmoins incertaine.
Les pluies constituent un autre point de vigilance. Plusieurs passages pluvio-orageux pourraient concerner le Sud-Est entre le 9 et le 15 novembre, surtout la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, la Corse et ainsi que le golfe du Lion. Des cumuls importants sont possibles localement, mais leur répartition et leur intensité restent à préciser.








