L’accès au premier emploi reste une étape difficile pour de nombreux jeunes diplômés. Face à la mobilisation des lycéens et aux inquiétudes exprimées par la jeunesse, Élisabeth Borne propose plusieurs pistes pour renforcer leur accompagnement, dont une nouvelle allocation.
Dans un entretien accordé au Parisien, mardi 3 novembre, Élisabeth Borne a présenté plusieurs propositions pour répondre au malaise exprimé par les lycéens et, plus largement, aux difficultés rencontrées par les jeunes dans leur parcours vers l'emploi.
L’ancienne Première ministre et ministre de l’Éducation nationale défend la création d’une « allocation temporaire » de 500 euros par mois. Cette aide serait destinée aux jeunes diplômés qui rencontrent des difficultés à trouver un emploi. Elle pourrait être versée pendant une durée maximale d’un an, sous conditions de ressources et à condition de justifier d’une recherche active d'emploi.
L’objectif est de leur assurer un minimum de ressources pendant la période de transition entre la fin des études et l’entrée dans la vie professionnelle. Élisabeth Borne évoque, également, le maintien de certains droits étudiants, notamment l’accès à un restaurant universitaire pour éviter que les jeunes perdent brutalement les aides liées à leur statut après l’obtention de leur diplôme.
En attendant, plusieurs aides existent déjà pour les jeunes en recherche d'emploi. Le contrat d’engagement jeune (CEJ), proposé par France Travail et les missions locales, s’adresse notamment aux personnes de 16 à 25 ans qui ne sont ni étudiantes ni en formation et rencontrent des difficultés pour accéder à un emploi durable. Les bénéficiaires peuvent percevoir une allocation mensuelle pouvant atteindre 566,17 euros depuis le 1er avril 2026.
Une autre aide existe également pour les 16-25 ans inscrits à France Travail ou en mission locale : l’allocation ponctuelle. Elle s’adresse aux jeunes dont les ressources ne dépassent pas 300 euros net par mois et qui rencontrent des difficultés financières dans leurs démarches d’insertion professionnelle. Son montant dépend de la situation du demandeur.
Borne appelle à entendre les lycéens
Au-delà de cette aide financière, Élisabeth Borne souhaite revoir plus largement l’accompagnement des jeunes jusqu’à leur insertion professionnelle. Elle propose de leur permettre de reprendre une formation après une première expérience dans l'emploi, grâce à des crédits sur leur compte personnel de formation (CPF).
L’ancienne locataire de Matignon estime que les difficultés de la jeunesse ne se limitent pas à l’accès au travail. Elle considère qu’il « faut entendre les revendications » des lycéens, confrontés à un « stress énorme » au moment de choisir leur orientation, mais aussi face aux évaluations en contrôle continu.
Elle juge que les premières réponses du gouvernement, notamment la refonte de Parcoursup et la réduction du nombre d’élèves par classe, « vont dans le bon sens ». Elle rappelle néanmoins que les marges de manœuvre restent limitées par le « contexte de situation financière tendue ». Avec seulement quelques mois devant lui, le gouvernement ne pourrait pas, selon elle, engager de transformations structurelles importantes.
Par ailleurs, elle met en cause l’interdiction du téléphone portable au lycée, entrée en vigueur à la rentrée scolaire 2026-2027. Pour l’ancienne ministre de l’Éducation nationale, cette interdiction « mérite d’être interrogée ». Elle souhaite notamment « laisser plus de latitude aux instances de vie lycéenne sur la manière de la mettre en œuvre ». Elle estime que les établissements devraient pouvoir adapter davantage les modalités de cette règle à leur fonctionnement et aux attentes des élèves.








