La baisse du prix du gazole est bien arrivée dans les stations-service françaises le 1er novembre, mais tous les automobilistes n’en profitent pas de la même façon. Le 2 novembre, les écarts entre les enseignes étaient déjà importants. Certaines ont fortement réduit les tarifs, alors que d’autres affichent encore des baisses plus timides.
Le gouvernement avait pourtant annoncé une diminution de 12 à 18 centimes par litre grâce à la libération des stocks stratégiques. Alors, pourquoi les prix ne baissent-ils pas partout au même rythme ?
Leclerc, Intermarché, Carrefour : des baisses très différentes
Le lundi à midi, les relevés de CarbuTracker rapportés par RTL montraient des différences importantes entre les distributeurs. Leclerc est l’enseigne qui a appliqué la baisse la plus importante, avec 21 centimes en moyenne par litre de gazole. Intermarché suivait avec 17 centimes, devant Esso Express (15 centimes).
Les réductions étaient moins importantes dans les autres réseaux. Esso affichait une baisse de 11 centimes, Carrefour de 10 centimes, Auchan de 9 centimes et Système U de seulement 8 centimes.
L’exemple de Système U est particulièrement parlant. L’enseigne, qui avait annoncé une baisse pouvant atteindre 21 centimes par litre, comme Leclerc, dispose d’un réseau composé de stations exploitées par des commerçants indépendants. Cela fait que le calendrier et le montant de la réduction peuvent varier d’un établissement à l’autre.
Chez Leclerc, la décision a été plus rapide. L’enseigne a annoncé une baisse de 21 centimes dans ses 742 stations-service. Michel-Édouard Leclerc a expliqué sur RTL vouloir « ouvrir très fort » avec une réduction supérieure à celle attendue du gouvernement. Il a également assuré que son enseigne ne vendait pas à perte.
Dans le détail, à 14 heures, le litre de gazole était affiché à 2,18 euros chez Leclerc, contre 2,15 euros chez Total Access et 2,25 euros dans le reste du réseau Total, selon les chiffres communiqués par le dirigeant. TotalEnergies avait, en effet, déjà plafonné le prix du litre à 2,15 euros dans ses 705 stations Access et à 2,25 euros dans ses autres stations françaises, hors autoroutes.
Les stocks de gazole n’arrivent pas en même temps dans toutes les stations
Pour comprendre ces différences, il faut regarder du côté de l’approvisionnement par les distributeurs. Depuis le 1er novembre, le gouvernement organise la mise sur le marché des 10 millions de barils de gazole issus des stocks stratégiques français. Une opération qui doit durer trois mois ( de novembre à janvier 2027).
Rappelons que ces réserves avaient été achetées avant la flambée des prix liée à la guerre au Moyen-Orient. Elles sont revendues aux opérateurs à leur coût historique, soit environ 0,28 euro le litre, contre près de 1,10 euro sur le marché à la mi-octobre. Le gouvernement estime que cette opération peut faire baisser le prix à la pompe de 12 à 18 centimes par litre.
Les volumes libérés représentent environ 20 % des 54 millions de barils de gazole consommés en France sur trois mois. Tous les distributeurs doivent bénéficier de cette opération et répercuter intégralement l’avantage obtenu sur leurs prix de vente.
Mais les livraisons ne se font pas instantanément. Les grandes enseignes disposent généralement de moyens financiers et logistiques plus importants pour anticiper leurs achats. Elles peuvent aussi décider de réduire leurs prix avant même d’avoir reçu physiquement le nouveau carburant.
Les petites stations indépendantes, quant à elles, ont davantage de contraintes. Elles doivent parfois vendre le gazole déjà présent dans leurs cuves avant de pouvoir les remplir avec les nouveaux volumes. Certaines doivent également disposer de suffisamment de trésorerie pour financer leurs commandes. Ce décalage peut retarder la baisse d’une dizaine de jours dans certains établissements. Pour éviter que ces stations soient pénalisées, le gouvernement a prévu un dispositif de soutien à leur trésorerie, notamment par l’intermédiaire de Bpifrance.








