« C’est comme une taxe » : Roland Lescure prévient les Français que les prix du gaz pourraient encore augmenter

Les prix du gaz ont encore augmenté de 6,6 % au 1er novembre. Et Roland Lescure prévient que la facture des ménages pourrait continuer de grimper.

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Prix du gaz
« C’est comme une taxe » : le ministre prévient les Français que les prix du gaz pourraient encore augmenter - Crédit : Hans Lucas / AFP | Econostrum.info

Les ménages utilisant le gaz pour se chauffer ou cuisiner doivent composer avec une nouvelle hausse de prix en ce mois de novembre. Et la situation risque de se compliquer davantage dans les prochains mois avec les tensions internationales qui continuent de faire grimper les prix de l’énergie.

Depuis le 1er novembre, le prix repère de vente du gaz (PRVG) a augmenté à 194,90 euros TTC par mégawattheure (MWh), contre 182,88 euros TTC en octobre. Cette progression intervient après une première hausse de 6,3 % en octobre. Elle fait suite à l’augmentation des cours du gaz sur les marchés de gros en septembre, par rapport au mois précédent.

Dans un entretien accordé à Sud Ouest le 30 octobre, le ministre de l’Economie, Roland Lescure, a confirmé cette tendance. Il a également évoqué les risques d’une nouvelle progression des prix pendant l’hiver, en fonction de l’évolution du conflit au Moyen-Orient.

« C’est comme une taxe » : Roland Lescure prévient les Français que les prix du gaz pourraient encore augmenterPin

Une hausse de 12 euros pour six millions de foyers

Rappelons que la hausse de 6,6 % ne concerne pas indistinctement tous les consommateurs. Elle touche les ménages dont le contrat de fourniture est indexé sur le prix repère publié chaque mois par la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Selon les estimations de l’autorité, environ six millions de foyers sont concernés, avec une augmentation moyenne de 12 euros TTC sur leur facture de novembre.

En revanche, les clients qui disposent d’une offre à prix fixe échappent à cette nouvelle augmentation, dans les limites des conditions prévues par leur contrat. Ces offres représentaient environ 40 % des contrats résidentiels à la fin de 2025. Au total, 10,23 millions de ménages disposaient d’un contrat de gaz naturel au 30 juin 2026.

Il faut également rappeler que le prix repère n’est pas un tarif réglementé que les fournisseurs doivent obligatoirement appliquer. Depuis le 1er juillet 2023, date de disparition des tarifs réglementés de vente du gaz, la CRE publie cet indicateur pour permettre aux particuliers de comparer les offres disponibles. Les fournisseurs restent libres de fixer leurs propres tarifs.

La hausse de novembre porte uniquement sur la composante approvisionnement du prix repère. Les coûts d’acheminement et les taxes ne sont pas concernés par cette évolution mensuelle. Pour les ménages qui se chauffent au gaz, la grille de référence de novembre affiche notamment un prix moyen de 0,15760 euro TTC par kilowattheure, auquel s’ajoute un abonnement annuel de 360,79 euros TTC pour l’usage chauffage sur le réseau GRDF.

La CRE anticipe, par ailleurs, une facture annuelle moyenne supérieure de 11 % en 2026 par rapport à 2025, soit environ 135 euros TTC supplémentaires. Cette estimation reste conditionnée à une situation relativement stable sur les marchés d’ici à la fin de l’année.

Roland Lescure alerte sur les conséquences du conflit au Moyen-Orient

Interrogé sur cette nouvelle hausse, Roland Lescure estime que la tendance pourrait se poursuivre : « Evidemment, la rigueur de l’hiver va faire qu’on en consomme plus ou moins, mais malheureusement les prix augmentent. Là aussi, pour que ça arrête d’augmenter, il faut que le conflit s’arrête », a-t-il expliqué à Sud Ouest.

Le ministre met directement en cause les tensions géopolitiques et leurs répercussions sur les marchés énergétiques. Il défend également l’électrification des usages comme moyen de réduire la dépendance française aux énergies fossiles. « Au fond, c’est la seule vraie manière d’arrêter ces crises, c’est d’arrêter de dépendre du pétrole et du gaz », a-t-il déclaré.

Sur le plan de l’approvisionnement, le gouvernement se veut néanmoins rassurant. Roland Lescure affirme que les réserves françaises sont suffisamment constituées pour aborder la saison froide. « On a du gaz pour l’hiver », a-t-il assuré, avant de préciser : « On est à près de 90% de stocks constitués ».

La France dispose également de volumes supplémentaires négociés lors du déplacement d’Emmanuel Macron dans le Golfe, en octobre. Au Qatar, le président de la République a obtenu un engagement portant sur 2 TWh de gaz naturel liquéfié (GNL) par mois pendant l’hiver. Cela représente environ 7 % de la consommation mensuelle française de GNL. Ces livraisons restent néanmoins dépendantes du passage des navires par le détroit d’Ormuz.

« Pendant son voyage dans le Golfe, le président de la République était au Qatar où il a sécurisé des volumes. C’est très important pour s’assurer qu’on ait du gaz pour l’hiver, c’est quand même l’essentiel. Mais une fois de plus, c’est une crise qui s’impose à nous », a ajouté Roland Lescure.

Le ministre reconnaît enfin le poids de cette situation sur les finances des particuliers et sur l’économie française. « C’est comme une taxe qui nous vient de l’extérieur, qui va nous coûter collectivement ».

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