Le gouvernement veut accélérer l’abandon du fioul avec de nouvelles aides. Mais contrairement à ce que laisse entendre l’annonce, les économies dépendent fortement du chauffage choisi.
L’exécutif a annoncé, le 15 octobre, une nouvelle phase de son plan d’électrification. Son objectif est de réduire la dépendance aux énergies fossiles, alors que le prix du fioul a fortement augmenté avec la hausse du cours du pétrole. Selon le relevé de la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC), le litre coûtait 1,8926 euro le 9 octobre, contre 1,1083 euro un an auparavant, soit une hausse de 71 %.

Dans ce contexte, Selectra a comparé le coût du chauffage d’une maison consommant 2 000 litres de fioul par an. Avec une chaudière affichant un rendement supposé de 85 %, la facture annuelle atteint 3 785 euros. Le passage à des radiateurs électriques classiques ramènerait la facture à 3 341 euros, soit une économie de seulement 444 euros, soit 12 %.
La situation change avec une pompe à chaleur (PAC) air/eau. Toujours selon les calculs de Selectra, une installation affichant un rendement saisonnier de 2,9 ferait tomber la facture à 1 152 euros par an, soit environ trois fois moins qu’avec le fioul. Avec un rendement de 2,0, elle atteindrait plutôt 1 670 euros, ce qui représente encore une baisse de 56 %.
Ces estimations s’appuient sur un prix de l’électricité de 0,1985 euro le kilowattheure, selon le tarif réglementé retenu par Selectra, et sur les prix du fioul relevés le 9 octobre. Elles excluent l’achat des équipements, leur installation, l’entretien, les différences d’abonnement électrique… L’économie réelle dépendra, ains, du logement et du matériel installé.
L’étude de l’Agence de la transition écologique (Ademe), publiée en octobre de l’année dernière, apporte un éclairage utile : sur 90 pompes à chaleur air/eau mesurées dans des maisons individuelles, le rendement saisonnier moyen atteint 2,9 kWh de chaleur. Mais les performances varient fortement selon les installations, avec des résultats compris entre 1,8 et 4,5. Le dimensionnement, les réglages ainsi que les émetteurs de chaleur influencent également directement les économies obtenues.
Avant de remplacer une chaudière, il faut, donc, comparer le coût complet des solutions et demander un devis détaillé. Le rendement saisonnier annoncé, la puissance nécessaire pour le logement et les aides effectivement accessibles sont déterminants. La promesse d’une facture divisée par deux ou trois peut se vérifier avec une pompe à chaleur performante, mais elle ne s’applique pas automatiquement à tous les chauffages électriques.
50 millions d’euros d’aides annoncés
Rappelons que le plan gouvernemental prévoit 50 millions d’euros pour accompagner les ménages chauffés au fioul dans les 109 territoires d’électrification. L’aide doit faciliter le passage à une pompe à chaleur, avec des primes liées aux certificats d’économies d’énergie (CEE), l’éco-prêt à taux zéro et une offre intégrée. Le dispositif prévoit, aussi, selon les besoins locaux, le prêt de radiateurs électriques et une aide à la dépose de la cuve.
Cet accompagnement sera lancé dès la fin novembre, avec des conditions et des modalités restant à préciser. L’autre point à surveiller concerne le chèque énergie. Prévu dans ce dispositif, cette aide doit être liée à l’engagement d’installer une pompe à chaleur. Les radiateurs prêtés peuvent constituer une solution d’accompagnement, mais ils ne garantissent pas les mêmes économies à long terme.
Ainsi, l’objectif du gouvernement est de diviser par deux le nombre de ménages chauffés au fioul d’ici 2030. Il prévoit également d’étendre l’interdiction d’installation de nouvelles chaudières au fioul aux modèles compatibles avec le biofioul, avec des textes réglementaires attendus avant le 1er mars 2027.








