Une autre entreprise emblématique risque de disparaître, l’enseigne française Gifi traverse actuellement une crise financière majeure. Faisant face à un endettement énorme et à de graves difficultés de trésorerie, l’entreprise serait désormais en cessation des paiements et s’apprêterait à déposer le bilan.
Il faut dire, les difficultés financières dont fait face Gifi ne datent pas d’hier. En effet, cela fait près de deux ans que le discounter accumule les problèmes. D’ailleurs, les difficultés sont tellement importante que l’enseigne s’est retrouvé sans suffisamment de liquidités pour répondre à certaines de ses obligations financières. D’après les informations rapportées par nos confères de Sud Ouest, Gifi ne serait plus en capacité d’honorer ses dettes arrivées à échéance avec l’état actuel de sa trésorerie.
Face à ce désarroi de l’enseigne, les mandataires concernés auraient déjà été informés de la situation. Pour ce qui est des salariés, une annonce officielle serait également prévue, notamment dans le cadre des instances représentatives du personnel. Ensuite, la direction devrait solliciter la protection du tribunal de commerce de Toulouse. Pour l’heure, le redressement judiciaire reste au stade de scénario privilégié, car la décision finale appartient au tribunal.
Pour rappel, ce genre de procédure vise à donner du temps à une entreprise en difficulté pour tenter de trouver des solutions pour maintenir son activité tout en préservant les emplois lorsque cela est possible. Avec un redressement judiciaire, la suspension du paiement de certaines dettes antérieures au jugement d’ouverture est décidé. Pour Gifi, cette étape pourrait constituer une dernière possibilité de réorganisation avant une éventuelle restructuration bien plus profonde.
Des stocks de plus en plus maigres
Avec une trésorerie amoindrie, l’enseigne éprouverait énormément de mal à renouveler les stocks de ses magasins. Avec un tel manque, c’est toute l’activité commerciale de la marque qui prend un coup. Pour cause, avec des rayons insuffisamment approvisionnés, les ventes reculent et pénalisent donc les rentrées d’argent de l’entreprise. Il y a quelques jours, Pierre Laffore, délégué syndical CFDT, décrivait cette organisation sous tension en déclarant : « On travaille par cycle ».
Face aux inquiétudes concernant la survie de l’entreprise, le comité social et économique (CSE) a engagé une procédure de droit d’alerte économique. Cette démarche vise à demander des explications à la direction lorsqu’une situation financière suscite des préoccupations sérieuses pour l’avenir de l’activité. L’entreprise subit notamment la concurrence de distributeurs spécialisés dans les petits prix, comme Action et Centrakor.
Elle a également été fragilisée par une transition informatique difficile, qui a perturbé son fonctionnement, ainsi que par un repositionnement commercial vers des produits plus haut de gamme dont les résultats n’ont pas répondu aux attentes. Malgré les financements supplémentaires apportés par son principal actionnaire, Philippe Ginestet, qui détient encore 60 % du capital, l’entreprise n’aurait pas réussi à rétablir durablement sa situation financière.
Quel avenir pour les 6 000 salariés de Gifi et le siège de Villeneuve-sur-Lot ?
Au-delà de la situation financière de l’enseigne, cette crise soulève la question de l’avenir des salariés et des magasins du groupe. Après plusieurs cessions, Gifi exploite encore environ 500 magasins et emploie 6 000 personnes. Parmi ces salariés, près de 10 % travaillent au siège social de Villeneuve-sur-Lot, dans le Lot-et-Garonne. Par conséquent, environ 600 emplois concentrés dans cette commune.
Avec une restriction des effectifs dans cette région, c’est donc tout l'emploi local qui risque d’être touché. À ce stade, il est nécessaire de préciser qu’aucun plan définitif de suppressions de postes ni de fermetures de magasins n’est annoncé. Par ailleurs, le dépôt de bilan ne signifie pas que l’activité va s’arrêter. Si un redressement judiciaire est ouvert, le tribunal pourra autoriser la poursuite de l’exploitation pendant une période d’observation.
L’hypothèse d’une reprise par un acteur extérieur soulève notamment la question du maintien du siège social dans la commune. Sa localisation, relativement éloignée des grands axes de transport, pourrait peser dans les choix d’un éventuel repreneur. Aucun transfert n’est pour autant annoncé à ce jour. La situation de Gifi fait déjà l’objet d’une attention particulière des pouvoirs publics.
Les difficultés de l’enseigne ont été examinées à plusieurs reprises dans le cadre du Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri), chargé d’accompagner les entreprises confrontées à des problèmes financiers. La députée Emeline Rey et le maire de Villeneuve-sur-Lot, Guillaume Lepers, ancien cadre de Gifi, ont également échangé avec le ministre Sébastien Martin. Les deux élus ont exprimé publiquement leur vigilance concernant les évolutions à venir.








