L’année 2027 s’annonce tendue pour les finances des Français. Après l’énergie, ce sont les prix des courses alimentaires qui risquent de flamber à partir de janvier. Pour cause, les coûts de production des industriels de l’agroalimentaire augmentent.
Pour Michel-Édouard Leclerc, les prochaines négociations entre les fabricants et les distributeurs pourraient effectivement déboucher sur des demandes de revalorisation importantes à partir de l’année prochaine. « Les industriels vont d’ailleurs demander des augmentations de leurs tarifs bien supérieures à 4 % », a-t-il déclaré mercredi 14 octobre sur CNews. Le patron du groupe Leclerc fait allusion aux tarifs réclamés par les fournisseurs aux distributeurs, cela ne correspondent pas aux augmentations que vont payer les consommateurs.
La situation de l’agroalimentaire français se répercute sur le prix de vos courses
En effet, les hausses qui seront appliquées dans les rayons dépendront elles des accords conclus, des marges commerciales ainsi que de la concurrence entre distributeurs. Du côté des industriels, le président de l’Ania conteste l’idée selon laquelle les entreprises agroalimentaires augmenteraient librement leurs prix. « L’agroalimentaire subit de la déflation tous les ans », a affirmé Jean-François Loiseau, samedi 17 octobre, sur BFMTV.
Pour Loiseau, les entreprises ont de plus en plus de mal à absorber l’envolée des charges tout en restant compétitives. En 2027, l’énergie, les emballages et les matières premières font partie des charges qui vont peser davantage sur l’agroalimentaire. Pour les ménages, il est pour le moment impossible de trancher sur les hausses attendues. Le chiffre de 4 % avancé par Michel-Édouard Leclerc correspond à une anticipation et non à une prévision officielle confirmée pour chaque catégorie de produits.
Où se situe l’agroalimentaire français par rapport à ses voisins
Au-delà de la question des prix, Jean-François Loiseau s’inquiète de la position de la France sur le marché mondial des produits alimentaires transformés. Le président de l’Ania estime que l’industrie française perd du terrain face à des concurrents européens, particulièrement l’Italie et l’Espagne. Cette préoccupation s’est exprimée à l’occasion du Salon international de l’alimentation (Sial), ouvert samedi 17 octobre à Paris.
Selon les chiffres communiqués, 600 entreprises françaises participent à l’événement, contre 700 entreprises italiennes. La présence française progresse légèrement, mais reste inférieure à celle de son voisin. « Cela me navre et me peine, car cela montre une vraie défaillance d’organisation de nos filières agricoles et agroalimentaires », déplore Jean-François Loiseau. Pour le dirigeant, la France mise trop largement sur ses produits gastronomiques prestigieux, au détriment d’aliments plus courants, alors que ces derniers pourraient être un atout majeur à l’internationale.
Il cite notamment le pain et les viennoiseries, dont la promotion internationale pourrait être renforcée. « C’est l’un des secteurs qui pourraient faire office de porte-drapeau et derrière lequel on pourrait s’aligner davantage », explique-t-il. L’enjeu concerne aussi les petites entreprises françaises, nombreuses dans la filière agroalimentaire, mais confrontées aux coûts de production et à la concurrence internationale. Pour les consommateurs, les prochains mois seront donc déterminants pour l’avenir de leurs courses.








