« Volonté de punir les retraités », « On joue avec le feu » : la CGT explose contre la hausse de 1,4 % des pensions complémentaires Agirc-Arrco

La hausse de 1,4 % des retraites complémentaires du privé provoque la colère de la CGT.

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Retraite Agirc-Arrco
« Volonté de punir les retraités », « On joue avec le feu » : la CGT explose après la hausse de 1,4 % des pensions complémentaires Agirc-Arrco - Crédit : AFP | Econostrum.info

Les retraites complémentaires Agirc-Arrco augmenteront de 1,4 % à compter du 1er novembre. Un compromis jugé insuffisant par la CGT, qui réclamait une hausse de 1,9 %, après une année sans revalorisation. Le syndicat accuse le patronat de pénaliser les retraités, alors que le régime dispose de réserves financières importantes.

La décision a été prise mercredi 14 octobre, à l’issue du conseil d’administration de l’Agirc-Arrco, le régime obligatoire de retraite complémentaire des salariés du secteur privé. Les trois organisations patronales, le Medef, la CPME et l’U2P, ainsi que la CFDT, la CFTC et Force ouvrière ont voté en faveur de cette augmentation. La CGT s’y est opposée, tandis que la CFE-CGC a quitté les discussions.

Cette revalorisation concerne près de 14 millions de retraités. Elle intervient après une année de gel. En effet, faute d’accord entre les représentants des employeurs et des salariés, les pensions complémentaires n’avaient pas augmenté en novembre 2025. Le nouveau taux de 1,4 % se situe dans la fourchette prévue par les règles du régime, comprise entre 1,2 % et 1,9 %. La CGT demandait que la hausse atteigne ce plafond.

Pour Denis Gravouil, négociateur de la CGT, la décision est inacceptable. « C’est clairement un vote qui n’est pas du tout acceptable, qui est scandaleux, alors qu’on avait les moyens de revaloriser les retraites au maximum envisagé à 1,9 % », a-t-il déclaré, dénonçant une « volonté de punir les retraités » de la part d’un patronat qui « joue avec le feu ».

Les organisations favorables à l’accord défendent, elles, une hausse immédiate plutôt qu’un nouveau blocage. « On aurait aimé une revalorisation plus importante (…) mais on a agi en responsabilité pour revaloriser les pensions des retraités avec une augmentation certaine et immédiate », a expliqué Fabien Guimbretière, secrétaire national de la CFDT, à l’AFP.

Quel gain concret pour les retraités du privé ?

L’augmentation sera appliquée à partir du 1er novembre. Son montant dépendra de la pension complémentaire que chacun perçoit, et non du montant total de sa retraite. Pour une complémentaire de 500 euros par mois, par exemple, la hausse représentera 7 euros mensuels, soit 84 euros sur douze mois.  Avec une pension complémentaire de 800 euros, le gain atteindra 11,20 euros par mois.

Il faut dire que la complémentaire Agirc-Arrco pèse de façon variable dans les revenus des retraités. Elle peut représenter une part importante de la pension totale, surtout pour les anciens salariés du privé ayant effectué une longue carrière dans ce secteur. A noter que le régime est géré par les représentants des employeurs et des salariés et dispose de plus de 90 milliards d’euros de réserves.

La polémique intervient aussi dans un contexte budgétaire tendu. Le projet de budget pour 2027 envisage des économies sur les pensions de base, notamment par un gel ou une sous-indexation pour certains retraités. La CGT craint que la hausse limitée de la complémentaire s’ajoute à une évolution moins favorable de la retraite de base.

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