« Nous avons tout liquidé » : la dette française fait fuir des investisseurs étrangers

Des investisseurs étrangers commencent à réduire leur exposition à la dette française.

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« Nous avons tout liquidé » : la dette française fait fuir ces investisseurs étrangers - Crédit: Canva | Econostrum.info

La dette française inquiète de nouveau les marchés. Le rendement des obligations d’État à dix ans a frôlé 5 % début octobre, tandis que certains investisseurs étrangers commencent à réduire leur exposition à la France. 

Le signal est venu notamment du Japon et de l’Allemagne, selon BMF. Shinji Kunibe, gérant obligataire chez Sumitomo Mitsui DS Asset Management cité par BFM, a indiqué avoir vendu toutes ses obligations françaises : « Nous avons liquidé l’intégralité de notre position compte tenu de l’évolution récente de la situation », a-t-il expliqué. Les capitaux ont notamment été réorientés vers les obligations allemandes et vers la dette japonaise à court terme.

Cette décision intervient alors que les rendements français ont fortement augmenté. Le taux à 10 ans a atteint 4,94 % le 1er octobre, son niveau le plus élevé depuis 2002. Lors d’une émission organisée le même jour, la France a placé près de 12 milliards d’euros d’obligations à long terme. La demande a dépassé deux fois le montant proposé, mais l’État a dû accepter un taux de 4,93 % sur l’emprunt à dix ans, contre 4,32 % en moyenne pour ses émissions de septembre et 3,86 % le 6 août.

Pour autant, le phénomène ne signifie pas que les investisseurs étrangers désertent massivement la France. Les dernières données détaillées de la Banque de France montrent même qu’au 1er trimestre 2026, les non-résidents ont acheté 132 milliards d’euros de titres de dette française. À fin mars, ils détenaient 55,9 % des titres de dette à long terme émis par les administrations publiques, contre 54,6 % fin 2025.

Les investisseurs japonais constituent néanmoins un groupe à surveiller. Leur exposition aux titres obligataires français a diminué de 2,5 % sur un an. La remontée des rendements au Japon rend aussi les placements domestiques plus intéressants pour ces investisseurs, ce qui peut favoriser des arbitrages au détriment de la dette française.

Une dette qui coûte de plus en plus cher à financer

La France reste très dépendante des marchés financiers. La dette publique a atteint 3 595,5 milliards d’euros à la fin du deuxième trimestre 2026, soit 119 % du PIB, après 117,5 % trois mois plus tôt. La dette publique a ainsi augmenté de 59,6 milliards d’euros sur le trimestre.

L’État devra continuer à lever des sommes considérables. Pour 2026, son besoin de financement a été révisé à 311,7 milliards d’euros et son programme d’émissions à moyen et long terme reste fixé à 310 milliards d’euros. À fin septembre, 85 % de ce programme avait déjà été réalisé. Depuis le début de l’année, les émissions à moyen et long terme ont reçu une demande représentant 2,5 fois les montants proposés.

Le coût de ces nouveaux emprunts progresse lui aussi. Le taux moyen pondéré des émissions de dette à moyen et long terme atteint 3,55 % en 2026, contre 3,14 % en 2025. La charge budgétaire de la dette est désormais estimée à 62,6 milliards d’euros pour cette année, contre 59,3 milliards prévus initialement.

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La pression pourrait encore augmenter en 2027. L’Agence France Trésor estime le besoin de financement de l’État à 339,7 milliards d’euros, soit 28 milliards de plus qu’en 2026. Les émissions nettes de dette à moyen et long terme atteindraient 340 milliards d’euros et la charge budgétaire de la dette est prévue à 72,9 milliards.

 

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