Fraude : il touchait 20 000 euros d’allocations par an grâce à sa double identité

Un simple renouvellement de titre de séjour a permis de révéler une fraude présumée aux allocations.

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Il touchait 20 000 euros d’allocations par an grâce à sa double identité - Crédit : AFP | Econostrum.info

Un homme de 45 ans est soupçonné d’avoir utilisé deux identités pour percevoir des prestations sociales dans deux départements. Son stratagème présumé a été découvert à Nantes lors d’une simple démarche de renouvellement de titre de séjour. Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer depuis combien de temps la fraude aux allocations aurait réellement fonctionné.

Le 22 septembre, cet homme, de nationalité érythréenne, s’est présenté à la préfecture de Nantes, en Loire-Atlantique, pour renouveler son titre de séjour. Lors de la procédure, un agent a relevé une correspondance entre ses empreintes digitales et un autre dossier administratif enregistré sous une identité différente en Seine-Saint-Denis, selon les informations du Figaro.

Les vérifications ont alors fait apparaître que le suspect détenait un titre de séjour en Loire-Atlantique depuis 2016 et un autre en Seine-Saint-Denis depuis 2017. Les deux dossiers concerneraient donc la même personne, enregistrée sous deux identités distinctes.

L’alerte a été transmise aux autorités et la police aux frontières l’a interpellé avant de le placer en garde à vue. Il était notamment entendu pour « escroquerie aux allocations » et « obtention indue de documents administratifs et escroquerie auprès d’une organisation sociale pour obtention d’une allocation indue ».

Selon les premiers éléments de l’enquête, cette double identité lui aurait permis de percevoir environ 10 000 euros d’allocations par an dans chacun des deux départements, auprès de la CAF et de la CPAM. Le montant évoqué atteint donc environ 20 000 euros par an.

Sur deux années, cela représenterait environ 40 000 euros, mais ce montant ne constitue pas encore le préjudice définitif. Le procureur de la République de Nantes, Antoine Leroy, a indiqué que « les investigations doivent finalement porter sur de nombreuses années ». La période concernée pourrait donc être plus longue et le montant total réévalué.

Après sa garde à vue, le suspect a été remis en liberté. Il doit être entendu ultérieurement sur l’ensemble des faits qui lui sont reprochés. Une source policière estime que, sans la vérification des empreintes, « ça aurait pu encore durer longtemps ». À ce stade, l’homme reste présumé innocent et l’enquête doit encore établir précisément les faits, les sommes versées et leur durée.

La CAF a détecté 508,8 millions d’euros de fraudes en 2025

Cette affaire intervient alors que les CAF ont renforcé leurs contrôles. En 2025, les caisses ont réalisé 29,2 millions de contrôles, dont 27,5 millions automatisés, 1,6 million sur pièces et 83 196 contrôles sur place. Elles versent chaque année près de 100 milliards d’euros d’aides à 13,5 millions d’allocataires.

Ces contrôles ont permis de détecter 508,8 millions d’euros de fraudes aux allocations en 2025, contre 449,2 millions en 2024, soit une hausse de 13 %. Le nombre de fraudes qualifiées est resté quasiment stable, avec 48 863 dossiers en 2025 contre 49 030 en 2024. Le préjudice frauduleux moyen est, lui, passé de 9 163 à 10 412 euros.

Fraude : il touchait 20 000 euros d’allocations par an grâce à sa double identitéPin

Il faut toutefois distinguer la fraude des simples erreurs ou trop-perçus. En 2025, l’ensemble des contrôles de la CAF a permis de régulariser 1,679 milliard d’euros. Cette somme comprend 1,270 milliard d’euros d’indus, c’est-à-dire des prestations versées à tort, mais aussi 408,9 millions d’euros de rappels en faveur des allocataires.

La CAF indique par ailleurs avoir appliqué 14 181 avertissements, 30 854 pénalités pour un montant total de 25,3 millions d’euros, ainsi que 3 723 dépôts de plainte devant les tribunaux en 2025.

À une échelle plus large, le Haut Conseil du financement de la protection sociale évalue à 14 milliards d’euros la fraude à la Sécurité sociale sur le périmètre étudié, dans sa note publiée en janvier 2026. Ce chiffre est une estimation de la fraude sociale et ne correspond donc pas aux seuls montants effectivement détectés par les organismes.

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