Les prix des carburants ne cessent de grimper, pénalisant ainsi des millions d’automobilistes français. Face à cette situation plus qu’inquiétante, Emmanuel Macron a sollicité la Commission européenne afin d’assouplir certaines règles pour limiter la hausse des prix de l’essence et du gazole.
Ce début de semaine, le président de la République a en effet adressé une lettre à Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, dans laquelle il propose plusieurs mesures destinées à augmenter les capacités d’approvisionnement et à réduire les contraintes pesant sur les acteurs du secteur énergétique. Il faut dire, les marchés pétroliers traversent une période sous haute tension, ce qui impacte les marchés énergétiques en France et en Europe.
Dans son courrier, Emmanuel Macron évoque des « difficultés croissantes » chez les professionnels de l’approvisionnement en pétrole pour « confirmer les livraisons des prochaines semaines », indique CNews. Le chef de l’État alerte également sur un possible recul des capacités mondiales de raffinage. Il estime qu’une perte de 4 à 5 % des capacités mondiales pourrait provoquer une nouvelle hausse des prix des carburants.
La France appelle à un assouplissement des règles européennes sur les carburants
Parmi les propositions transmises à Bruxelles figure un assouplissement temporaire des normes concernant la qualité des carburants. L’objectif serait de donner davantage de marge aux raffineries pour augmenter leur production. Selon les estimations présentées dans la proposition française, cette évolution pourrait permettre d’obtenir un gain de rendement compris entre 5 et 20 % dans les raffineries concernées.
Emmanuel Macron souhaite également agir sur la place des biocarburants dans le mélange utilisé par les carburants traditionnels. La France propose un assouplissement des limites actuelles d’incorporation afin d’augmenter leur utilisation. Cette évolution pourrait entraîner une baisse de la consommation de diesel estimée à environ 3 %, selon les projections avancées.
Le président français demande aussi un report d’un an de la réglementation européenne sur le méthane, dont l’entrée en vigueur est prévue au 1er janvier 2027. Cette réglementation doit imposer aux importateurs d’hydrocarbures de mesurer et de communiquer leurs émissions de gaz à effet de serre. Paris estime qu’un délai supplémentaire donnerait plus de temps aux acteurs concernés pour s’adapter.
Une coopération européenne renforcée
Dans sa lettre, Emmanuel Macron propose aussi de renforcer les achats groupés de gaz au niveau européen. Avec cette initiative, l’objectif est de mieux coordonner les commandes entre les États membres afin de limiter les tensions liées à l’approvisionnement. Le président français appelle à une meilleure gestion des énergie, notamment réduire la consommation en gaz cet hiver (énergie utilisée pour le chauffage).
Il demande ainsi « une claire accélération européenne sur les efforts d’électrification ». Ces sujets doivent être discutés lors du prochain sommet européen organisé à Bruxelles les 15 et 16 octobre. Les États membres devront alors examiner les différentes pistes proposées et leur éventuelle mise en œuvre. En France, le gouvernement a déjà écarté une baisse générale des taxes sur les carburants et privilégie des aides ciblées pour les ménages et les secteurs les plus exposés à la hausse des prix.








